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Les débats, un impact réel sur notre vote?

Bloc Quebecois leader Duceppe, Conservative leader and PM Harper, NDP leader Mulcair, Green Party leader May, and Liberal leader Trudeau pose before the start of the French language leaders' debate in Montreal
Photo Reuters

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Pas plus tard que cet été, je me frottais les mains à l’idée de vivre l’éminente campagne électorale fédérale. Harper contre trois chefs du Québec, dont deux susceptibles de se réveiller premier ministre du Canada au matin du 20 octobre. Je croyais qu’elle serait l’une des plus captivantes de l’histoire du pays.

Pas plus tard que cet été, je me frottais les mains à l’idée de vivre l’éminente campagne électorale fédérale. Harper contre trois chefs du Québec, dont deux susceptibles de se réveiller premier ministre du Canada au matin du 20 octobre. Je croyais qu’elle serait l’une des plus captivantes de l’histoire du pays.

J’ai un aveu à vous faire: j’ai rarement vu une élection aussi ennuyante... L’affaire Duffy, l’état de l’économie et le chipotage autour du mot qui commence par «R», le retour du très politiquement rentable niqab... Toujours est-il qu’au jour 60 des 78 jours de la campagne, je commence à peine à m’y intéresser.

Les débats des chefs

Je me suis tout de même «forcée» à regarder les débats des chefs depuis le 6 août. Maclean’s, Globe and Mail, SRC/Télé-Québec, et puis lundi celui de Munk. Encore là, aucun point tournant à la Mulroney-Turner, comme en 1984... Mais s’ils n’ont rien de percutant, les débats ont été jusqu’ici instructifs, entre autres parce qu’ils ont contribué à nous faire voir les chefs tels qu’ils sont vraiment.

Justin Trudeau d’abord, visiblement piqué au vif d’être éternellement sous-estimé. Presque toujours bien préparé, le leader du PLC a réussi à nous communiquer sa sensibilité. Et encore plus, lundi, en défendant l’héritage de son père, le soir même du 15e anniversaire de son décès. D’un débat à l’autre, on a vu Justin Trudeau grandir sous nos yeux.

Le toujours très combatif Tom Mulcair, sans surprise, est parti en lion, gonflé à bloc par la victoire possible. En défendant ses convictions avec fougue, il a su nous montrer à chaque fois son côté adversaire coriace. Mais par son allure, lundi, on a senti que le chef du NPD est préoccupé par des sondages moins favorables...

Stephen Harper, lui, s’est présenté fidèle à lui-même: peu expressif et avec un certain détachement, mais avec toute la sérénité et la profonde connaissance des dossiers que ses neuf années au pouvoir lui confèrent. Bref, d’une fois à l’autre, c’était Stephen Harper, point à la ligne!

Quant à Gilles Duceppe, même s’il n’a participé qu’à un seul débat jusqu’ici, il a réussi à nous démontrer ce qu’il a encore au ventre: énormément de fougue et plein de bons instincts. Quant à Elizabeth May, malgré son français boiteux, elle s’est montré une ardente militante et une femme de contenu.

Loin du « Trump Show »

Bref, nos débats ne sont peut-être pas aussi spectaculaires que ceux de la course républicaine chez nos voisins du Sud et le fameux «Trump show», mais ils sont de loin beaucoup plus édifiants. Tout bonnement, parce qu’ils nous éclairent sur ceux qui aspirent à nous diriger.

Reste maintenant «l’ultime débat», le Face à face, vendredi soir, à TVA. Aura-t-il un impact réel sur notre façon de voter le 19 octobre? Au rythme où va la campagne, j’en doute. À moins d’une surprise...

On l’espérerait beaucoup!

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