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Abolir la gestion de l’offre, point barre!

Abolir la gestion de l’offre, point barre!
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Tous les chefs des partis politiques font des courbettes devant la gestion de l’offre des produits agricoles.

Tous les chefs des partis politiques font des courbettes devant la gestion de l’offre des produits agricoles.

Pourquoi? Il s’agit d’une politique publique terrible qui coûte cher tant aux consommateurs (en prix élevés) qu’aux producteurs (en opportunités perdues)!

C’est coûteux !

La gestion de l’offre force les producteurs laitiers et les éleveurs de volaille à acheter un permis – qui se vend à gros prix – afin de produire. Cette barrière à l’entrée limite la production. Et comme la production est limitée, les prix sont plus élevés. Les consommateurs paient donc la facture.

Selon une étude publiée récemment dans Canadian Public Policy, le coût annuel se chiffre à 444 $ par famille – ou 0,84 % du revenu des familles. Pour les familles plus pauvres, ce fardeau représente une taxe (oui, une taxe) qui équivaut à 2,24 % de leurs revenus. Cette étude n’est que la dernière d’une série d’études qui ont chiffré un coût important pour les familles canadiennes.

Les producteurs agricoles notent que, grâce à la gestion de l’offre, nous n’avons pas à les subventionner. Et pourtant, la subvention que nous leur octroyons est égale à 0,84 % du revenu des Canadiens... seulement pour les producteurs laitiers et les producteurs de volaille! En comparaison, les subventions américaines pour la totalité du secteur agricole représentent seulement 0,5 % du revenu des Américains!

Et même si les pays étrangers subventionnent leurs producteurs agricoles afin de faire baisser les prix, il s’agit d’une aubaine pour les consommateurs du Canada. Pratiquement, les subventions étrangères sont de l’argent gratuit pour nous!

Ce ne sont pas seulement les consommateurs qui perdent. Les producteurs perdent aussi!

Afin de soutenir la gestion de l’offre, il faut imposer d’importantes barrières à l’importation – ce qui protège les producteurs de la concurrence. Ce faisant, l’innovation est faible et le Canada n’est pas aussi compétitif sur les marchés étrangers. Et pourtant, au cours des dernières années, il y a une explosion de la demande étrangère (particulièrement en Chine) des produits touchés par la gestion de l’offre.

Cette demande a été largement satisfaite par les producteurs américains et brésiliens qui ont fait fortune. Les coûts faramineux de l’industrie canadienne, protégée de la concurrence, expliquent notre incapacité à nous tailler une place à l’étranger!

Comment abolir ?

La solution est fort simple: racheter les permis et ouvrir le marché complètement. Puisque le permis est une propriété échangeable, l’abolir sans compensation n’est pas une option. Afin de libéraliser, il faut compenser. On peut suivre la voie australienne en la matière.

L’Australie a aboli les permis des producteurs au début des années 2000. Afin de racheter les permis, une taxe temporaire a été imposée et les revenus ont été donnés aux agriculteurs.

Après des décennies d’augmentation, le prix des produits laitiers (ajusté pour l’inflation) s’est stabilisé et a commencé à diminuer après 2010 à une vitesse si rapide que le prix actuel est inférieur au prix observé en 1990!

En voyant tous les bienfaits de l’abolition de la gestion de l’offre, le débat devrait porter uniquement sur les modalités de l’abolition!

 

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