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Trois aînées à l’hôpital à la suite d’un exercice d’évacuation

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Un exercice d’évacuation tenu le 22 septembre à la résidence pour aînés autonomes Jazz, à Lévis, s’est soldé par le transport à l’hôpital de trois personnes âgées, dont l’une a subi une légère commotion cérébrale et des ecchymoses au visage après une chute dans les escaliers, a appris Le Journal.

«Un tel exercice vise à prévenir les sinistres, pas à en générer!» déplore André Prévost, dont la mère de 92 ans, qui a deux prothèses du genou, a péniblement descendu les quatre étages de l’immeuble par les escaliers.

La dame âgée s’est heurté la tête sur le béton en tombant. Elle a séjourné plus de 24 heures à l’hôpital. L’amie qui l’accompagnait lors de l’évacuation a également été transportée à l’hôpital pour une chute, heureusement sans gravité.

La troisième aînée s’est, quant à elle, retrouvée à l’urgence à la suite d’une importante chute de pression, causée vraisemblablement par le stress.

Silence de la direction

«Comme ma mère a des problèmes aux genoux, elle était déjà dehors au moment de l’exercice avec une amie qui a aussi des limitations. On leur a alors demandé de retourner à leur appartement respectif, afin de participer à l’exercice», rapporte M. Prévost, qui a demandé en vain des explications à la direction de la résidence Jazz.

Dany Lavoie, chef de division du Service de sécurité incendie de la ville de Lévis, confirme que les deux résidentes ont reçu la consigne de remonter au quatrième étage, mais qu’en aucun cas, on n’a exigé qu’elles redescendent à pied, assure-t-il.

«Le technicien préventionniste a été formel, il leur a dit de se diriger dans la cage d’escalier, au quatrième étage, et d’attendre là. La semaine précédant l’exercice, les résidents ont été rencontrés, afin de leur expliquer comment cela se déroulerait. On demande toujours la liste des gens qui ne doivent pas participer à ces exercices d’évacuation à cause de problèmes physiques ou autres», explique le chef Lavoie.

Accroître la sécurité

Dans ce cas-ci, les pompiers avaient les noms de sept personnes. Aucune des trois personnes conduites à l’urgence ne figurait sur cette liste. Selon le chef Lavoie, c’est la troisième fois en 10 ans, à raison d’une quinzaine d’exercices d’évacuation par an, qu’une telle situation se produit.

Selon Me Jean-Pierre Ménard, la clientèle des résidences pour aînés autonomes s’alourdit, et ce, sans que les besoins en matière de sécurité soient pris en compte. «On devrait d’abord évaluer la capacité de l’organisation à évacuer ces personnes en cas de sinistre», argue-t-il.

Le Journal n’a pu obtenir les commentaires de la direction de la résidence Jazz à Lévis.