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Des élections canadiennes

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À lire certains sur les médias sociaux, on est quasiment rendu à la frontière du Québec pays. Bien sûr, le Bloc est en progression. Gilles Duceppe donne tout ce qu’il peut, mais nous sommes loin d’une vague bloquiste. C’est maintenant comme ça au paradis des programmes sociaux...

À lire certains sur les médias sociaux, on est quasiment rendu à la frontière du Québec pays. Bien sûr, le Bloc est en progression. Gilles Duceppe donne tout ce qu’il peut, mais nous sommes loin d’une vague bloquiste. C’est maintenant comme ça au paradis des programmes sociaux...

De toute manière, l’avenir du Québec n’est pas l’enjeu de cette interminable campagne électorale. La Belle province n’aura pas été autre chose qu’une province à conquérir. Mais est-elle autre chose quand on lui promet d’enlever un péage sur un pont ou d’en peindre un autre? Ça dit tout du sort qui nous attend.

Trudeau représente le changement

On a tout de même de quoi sourire : Thomas (Tom au Canada) Mulcair répète ces jours-ci qu’en 2011 des sondages avaient placé le NPD derrière les autres partis. Nous serions tous dans l’erreur à croire à la chute dramatique du NPD.

En fait, le NPD n’incarne plus le changement que « Tom » Mulcair revendiquait en début de campagne. De quoi donner des cauchemars à Brian Topp, l’ex-patron du NPD. Le changement de la garde à Ottawa, c’est Justin Trudeau qui semble le porter.

L’appui de la FTQ aura donc porté malheur au pauvre « Tom ». Et j’imagine la tristesse du conseil central qui voit aussi le NPD perdre le statut et le budget de l’Opposition officielle aux Communes. On portera bientôt le deuil autour de l’UQÀM...

Stephen Harper ne parle d’ailleurs quasiment plus de Mulcair et du NPD. C’est à Justin Trudeau qu’il destine ses attaques. Car les conservateurs sont toujours dans la course. Un exploit en soi.

Harper, brillant tacticien ?

Après trois mandats d’affilée, Stephen Harper a montré qu’il était un politicien d’une incroyable perspicacité. Il avait deviné qu’il ne pourrait pas sortir vainqueur d’une campagne traditionnelle. Puisque le jour du scrutin était connu de tous, il en a devancé le déclenchement. Brillante manœuvre! Les candidats conservateurs lui en ont voulu; ils ont passé le mois d’août à subir le mécontentement des électeurs.

Puis vint l’affaire du niqab qui changea la donne au Québec. Instrumentaliser ce symbole de l’oppression des femmes a été dénoncé par tout ce que la gauche a d’alliés dans les médias.

Pourtant, à voir les gens voter aujourd’hui avec un sac de pommes de terre sur la tête, peut-on vraiment soutenir qu’il ne s’agit pas d’un enjeu de société?

Le peuple n’a pas souvent l’occasion de dire ce qu’il pense des grands principes sur lesquels s’appuient ceux qui le gratifient quotidiennement de leur opinion... Il réagit à sa manière. Ça peut déplaire aux esprits empesés de courtoisie multiculturelle, mais ça invite aussi au respect.

Pour une fois que l’on doit se pencher vers ceux que l’on croit fatalement désabusés...

Le problème, c’est que personne n’a dit clairement que rien ne changera, au Québec ou au Canada, puisqu’il n’est pas prévu d’amender la Charte canadienne des droits et libertés de manière à satisfaire la majorité de citoyens.

L’individu aura toujours préséance. Ce concept fait la fortune des avocats d’un océan à l’autre...

Alors il faudra vous y faire : le niqab est là pour rester. Il est comme ça, le Canada.