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Le Québec tire son épingle du jeu

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Certains se sont désolés dans la dernière campagne électorale de l’oubli des intérêts collectifs québécois, dans la foulée de la marginalisation du Bloc.

Certains se sont désolés dans la dernière campagne électorale de l’oubli des intérêts collectifs québécois, dans la foulée de la marginalisation du Bloc.

On sait que ce parti s’est rendu utile pendant plus de deux décennies en se concentrant sur les intérêts québécois au Canada, plus que sur une souveraineté par définition hors d’atteinte à Ottawa.

Le Bloc comme principal parti francophone fédéral étant chose du passé, on pouvait craindre que les votes des Québécois se retrouvent partagés entre plusieurs formations politiques sans grand effet.

Choix individuels

On a rarement vu autant de francophones ne sachant trop pour qui voter. Que résulterait-il du comportement éclaté d’un électorat exceptionnellement volatil, sans véritable loyauté partisane, sur une scène fédérale où on n’avait plus les réflexes des grands ancêtres canadiens-français d’antan?

Les prédictions alarmistes ne se sont pas réalisées dans un Canada où les Québécois gardent la possibilité d’exercer un pouvoir réel, même si limité, prix en partie à payer pour une classe intellectuelle prisonnière de l’idéal souverainiste.

Une première conséquence de la marginalisation du Bloc à Ottawa a été que le Québec s’est remis à compter pour tous les partis sur la scène fédérale.

La question du port du niqab lors d’une cérémonie d’accession à la citoyenneté, auquel s’opposaient les francophones de façon pratiquement unanime, a constitué objectivement l’un des tournants de cette longue campagne, peut-être l’événement le plus important.

Il est absurde de prétendre que cette affaire n’a pas eu l’impact qu’on lui a prêté, en invoquant qu’ont triomphé des libéraux ayant la même position là-dessus que les néo-démocrates.

La réalité est que la base électorale libérale n’était aucunement le Québec francophone, contrairement au NPD dont l’effondrement presque immédiat, à la suite de la grossière erreur de jugement de Thomas Mulcair, a envoyé un signal clair au reste du pays que l’alternative aux conservateurs passait désormais par les libéraux.

Le grand succès collectif

Au-delà de choix individuels très différenciés, le grand souhait pour cette élection d’une société québécoise globalement plus à gauche que le reste du Canada, était de congédier les conservateurs détestés.

Cet objectif collectif a été atteint haut la main, en partie grâce à un Québec francophone à qui les libéraux doivent leur caractère majoritaire, y compris un nombre non négligeable de souverainistes ayant voté Trudeau en se pinçant le nez.

Cela dit, le Québec n’a rien à attendre comme Québec d’un Trudeau au discours essentiellement creux à son égard, sans parler de l’adhésion inconditionnelle au multiculturalisme, y compris dans certains aspects délirants qui garantissent que le dossier referait surface.

On doit donc se réjouir que les Québécois n’aient pas mis tous leurs œufs dans le même panier libéral, installant à Québec une forteresse conservatrice potentiellement porteuse d’avenir, au profit d’un parti encore vigoureux qui devrait reprendre éventuellement le pouvoir.

Ajoutons dix bloquistes pour porter certaines revendications spécifiquement québécoises, sans oublier une députation encore substantielle au sein du NPD, ce parti de gauche en processus d’enracinement au Québec.

Le pire craint par certains n’est donc pas arrivé, la somme des choix individuels des Québécois à l’élection fédérale ayant produit au contraire certains résultats potentiellement intéressants pour la nation québécoise dans le contexte canadien.

 

 

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