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Le boulet souverainiste

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Grâce en partie à leur vote, les Québécois assistent ces jours-ci au spectacle stimulant de l’arrivée d’une nouvelle équipe à Ottawa.

Grâce en partie à leur vote, les Québécois assistent ces jours-ci au spectacle stimulant de l’arrivée d’une nouvelle équipe à Ottawa.

Nouveau personnel, nouvelle approche, nouvelles idées. Cela se révélera sans doute en partie une illusion, mais n’enlève rien au fait que le Canada – et le Québec dont il fait partie – auront été changés sous certains aspects pour le mieux dans le processus.

Alternance suspendue à Québec

Quel contraste avec la scène québécoise! La cruciale alternance politique n’y est plus à l’ordre du jour, alors que le PQ s’enfonce avec Pierre Karl Péladeau dans son obsession souverainiste et que la CAQ peine à s’imposer comme la troisième voie à laquelle aspirent tant de citoyens.

La nouvelle est que, déjà divisés au plan québécois entre le PQ, Option nationale, Québec solidaire et la CAQ, des souverainistes votent maintenant Justin Trudeau à Ottawa.

Et ils font bien! La vie ne regarde pas en arrière: le désir de répudier un conservatisme heavy de droite, pour la plus grande part étranger à la culture québécoise, l’emporte sur le fétichisme de la souveraineté.

Cela n’enlève rien au fait qu’à cette élection fédérale, les citoyens ordinaires sont allés seuls au combat, abandonnés par une classe intellectuelle déconnectée.

On a été incapable de recommander autre chose que de voter pour un Bloc québécois clairement périmé!

La nation québécoise a malgré tout tiré son épingle du jeu de l’affaire, ce qui en dit long sur sa force intrinsèque, n’en déplaise à ceux pour qui les lamentations sur l’idéal non réalisé l’emporteront toujours sur les possibilités du présent.

Mais qui calculera le prix collectif que nous paierons de plus en plus pour ces jeunes intellectuels devenus viscéralement incapables de penser la réalité du Québec au sein du Canada, exclusivement préoccupés du futile réaménagement des contours du rêve/cauchemar légué par leurs aînés?

Génération gaspillée

Cette nouvelle génération gaspillée constitue le vrai drame, étant donné qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les plus vieux changent les convictions confortables de toute une vie.

De toute façon, cela risquerait à cet âge de prendre des allures, sinon de reniement, du moins de virages à 180 degrés à la Guy Bertrand: comment faire totalement confiance à ceux pour qui le rêve souverainiste est devenu plus important que le Québec lui-même?

Ceux-là qui sont incapables de voir que, éminemment vivante dans un monde en profonde mutation, la nation québécoise est plus forte qu’eux et leurs obsessions qu’elle enterrera sans regret.

Ceux qui ont oublié que, profondément enraciné sur le continent nord-américain depuis 400 ans, le Québec n’a pas commencé avec la Révolution tranquille en 1960.

Ces supposés penseurs qui ne sont pas capables de voir que, plus qu’une indépendance dont les Québécois ne veulent pas en l’ère actuelle, le grand échec du Québec est de n’avoir pas réussi à mettre fin à certains effets structurants de la Conquête à son égard au sein du pays.

C’est ce souverainisme confortable là qui est objectivement responsable de ce que triomphent de plus en plus, à Ottawa comme à Québec, des trudeauistes idéologiques pour qui le fait politique québécois aura de moins en moins d’importance au Canada.

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