/news/provincial
Navigation

Le recyclage aux ordures

Des milliers d'immeubles à logements à Québec n'ont pas de bac de recyclage

Québec est l’une des rares grandes villes de la province où l’on retrouve des milliers de multilogements sans bacs de récupération.
Photo d’archives Québec est l’une des rares grandes villes de la province où l’on retrouve des milliers de multilogements sans bacs de récupération.

Coup d'oeil sur cet article

Alors que plusieurs grandes villes québécoises rendent obligatoire le recyclage, la Ville de Québec tolère encore que des milliers d’immeubles à logements n’aient même pas l’outil le plus élémentaire de l’écorespon-sabilité, soit... un bac de recyclage.

À Lévis, Trois-Rivières, Gatineau, Sherbrooke et Victoriaville, près de 100 % des immeubles à logement ont des bacs de récupération. Pour plusieurs villes, c’est obligatoire.

À Montréal, c’est obligatoire pour les propriétaires de multilogements de 9 unités ou plus dans l’arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce. La Ville évalue étendre cette obligation dans tous les arrondissements.

Pas d’obligation

Mais à la Ville de Québec, qui considère la sauvegarde de l’environnement comme une «préoccupation majeure», une bonne partie des résidents envoie tout aux vidanges. Quelque 42 % des immeubles de 30 logements ou plus n’ont pas de bacs et rien ne les oblige à en avoir (voir tableau). Rappelons que les bacs sont pourtant installés et entretenus gratuitement par la Ville. Mais des propriétaires s’en contrefichent.

Le Journal avait fait le même exercice en 2011 et la participation au recyclage était moins élevée. Le conseiller municipal de la Ville de Québec en matière d’environnement, Steeve Verret, avait dit qu’il n’écartait pas des moyens plus coercitifs.

En entrevue, hier, le conseiller a souligné que la Ville favorisait toujours la «sensibilisation à la coercition», en admettant qu’il faille revoir comment ces mesures peuvent «aller plus loin» dans l’avenir. Il n’écarte pas de réglementer pour les nouvelles constructions. L’enjeu demeure le manque d’emplacement pour certains propriétaires, et «on veut donner des outils».

«Inacceptable»

«Après 10 ans de volontarisme, c’est le temps qu’on ajoute une réglementation.» Voilà ce qu’avait dit, en 2011, Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement de la Capitale nationale. Quatre ans plus tard, M. Turgeon est découragé de devoir se répéter. «Ça fait 20 ans qu’on recycle (...) Ça presse. Il faut rendre cela obligatoire. J’espère qu’on n’aura plus à s’en parler. C’est inacceptable sur le plan social que des propriétaires ne mettent pas à disposition des équipements de recyclage», souligne-t-il.

En plus du recyclage, Le Journal a révélé le mois dernier que la Ville de Québec était aussi critiquée pour le traitement de ses eaux usées, alors qu’un rapport gouvernemental publié en 2014 a exposé que la ville était victime de plus de 3000 débordements d’eaux usées par année, soit près du double de Montréal.