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Terrorisme et pauvreté : rien à voir!

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Comme on pouvait s’y attendre, certaines personnes ont récupéré les attentats de Paris à des fins politiques. Encore dimanche dernier, un artiste d’ici établissait un lien entre capitalisme et terrorisme. Il affirmait que la mondialisation et l’exclusion économique qui l’accompagne poussaient des jeunes désespérés à commettre l’irréparable.

C’est faux. Les statistiques montrent qu’il n’y a aucun lien entre le terrorisme et la pauvreté. Les commentateurs qui disent le contraire sont ou mal informés, ou mal intentionnés.

À cause de la pauvreté?

Après les attentats du 11 septembre 2011, des économistes se sont demandé si la faim, l’exclusion et la pauvreté étaient liées au terrorisme. On retrouve parmi eux Allan B. Krueger de l’Université Princeton.

Ils ont découvert que les commandos suicides palestiniens avaient deux fois plus des chances de provenir de familles au-dessus du seuil de faible revenu. Même chose chez les kamikazes du Hezbollah libanais: seulement 28 % d’entre eux vivaient sous le seuil de faible revenu.

Dans la plupart des cas, les terroristes font partie de la classe moyenne. Chez les membres d’Al-Qaeda, 45 % ont des professions spécialisées et payantes. De ce qu’on sait, l’un des individus liés aux attentats de Paris possédait un commerce en Europe.

Pas la faute au chômage

Certains mettent aussi la faute sur le chômage. Or, ni le taux de chômage, ni les salaires, ni la croissance économique ne sont reliés aux actes terroristes.

Au début des années 2000, les Palestiniens sans emploi étaient les plus opposés aux actes terroristes contre Israël. Lorsque les attaques suicides se sont intensifiées, le chômage était en baisse et l’économie en croissance.

Ce qu’on sait, c’est que les chômeurs et les pauvres sont ceux que la politique indiffère le plus. Probablement parce qu’ils ont d’autres tracas en tête. Est-ce vraiment surprenant?

Pas la faute à l’éducation

Finalement, on entend un peu partout que les terroristes sont peu éduqués. C’est également faux. En décembre 2001, un centre de recherche a conduit des sondages d’opinion en Palestine.

Croyez-le ou non, le niveau d’appui aux terroristes était beaucoup plus important chez les gens plus éduqués. 60 % des commandos suicides palestiniens avaient des diplômes d’études secondaires, comparativement à 30 % dans le reste de la population.

Selon les chiffres collectés par un psychiatre de la CIA, 35 % des membres d’Al-Qaeda auraient un diplôme collégial. On retrouve les mêmes caractéristiques chez les groupes extrémistes israéliens.

Pure idéologie

La commission américaine sur les attentats du 11 septembre était arrivée à la même conclusion, et je cite: «le terrorisme n’est pas causé par la pauvreté». La science nous apprend qu’elle avait raison. Si c’était le cas, l’Amérique latine serait truffée de terroristes.

Selon A. B. Krueger de Princeton, on choisit d’être un terroriste comme on choisit d’être médecin ou comptable. On le fait pour faire circuler des idées ou pour promouvoir une idéologie.

C’est pour cela que les kamikazes sont prêts à mourir, et non parce que le capitalisme occidental les a marginalisés. On ne les a ni affamés ni assoiffés. C’est ce que la science nous apprend. Le reste relève du préjugé.

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