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L’équitation pour réduire l’hyperactivité

Une école de l’Estrie se sert du cheval pour augmenter la réussite de ses élèves

Équitation école
Photo Le Journal de Montréal, Éliane Thibault Lauralie Boisvert, Maude Gamache-Lavoie et Sabrina Lamothe, élèves au Collège François-Delaplace, apprécient les heures passées avec les chevaux.

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WATERVILLE | Une école secondaire privée de l’Estrie utilise l’équitation pour aider ses élèves à réussir. Cette activité a permis à certaines élèves de réduire leur médication pour l’hyperactivité. D’autres constatent être plus concentrés en classe.

«Quand on propose cette thérapie, nous voyons même parfois des larmes de joie», rapporte le directeur général de l’établissement, Normand Lapointe.

Depuis que l’équitation fait partie de la programmation du Collège pour filles François­­-Delaplace, de nombreux bienfaits ont été remarqués chez les élèves.

La fille de Nancy Wiseman, Laura-Chan, a pu supprimer 1 des 2 médicaments qu’elle prenait chaque jour pour son TDAH ( Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité). L’adolescente de 12 ans a aussi vu ses notes à la limite de l’échec bondir dans les 80 %.

«On n’en revenait pas! On se demandait ce qui s’était passé. Quand Laura-Chan est sur son cheval Tatum, c’est le seul moment où elle ne pense à rien. Elle­­ peut faire le vide et être bien», lance Mme Wiseman.

La mère constate également que sa fille, de nature renfermée, s’est épanouie au contact de l’animal.

Les difficultés à entrer en contact avec les autres et à travailler en équipe sont moindres. «Sur plusieurs aspects, ma fille a vraiment changé et on le voit», dit-elle.

Moment présent

Les enfants atteints de TDAH ont notamment de la difficulté à vivre le moment présent. Certains développent une grande anxiété en pensant constamment à l’avenir.

«Pour que le cheval écoute les consignes, on doit être en symbiose avec lui. Ça oblige les enfants atteints de TDAH à demeurer dans le moment présent, et cela les aide à diminuer leur stress ou leur anxiété», explique­­ Christine Thériault, responsable des services aux élèves.

Le directeur croit tellement aux vertus de l’équitation qu’il l’a intégrée à l’horaire des jeunes filles de secondaire 1, qui en font 2 h 30 par semaine depuis septembre.

Lauralie Boisvert fait partie de la première cohorte à profiter du cours d’équitation qui sera offert durant 24 semaines.

«Au début, j’avais peur parce que j’étais déjà tombée pendant une sortie scolaire d’équitation en 5e année. Je n’étais jamais remontée sur un cheval depuis ce temps. J’étais très craintive», se rappelle l’adolescente de 12 ans.

Après une première session de 12 semaines, Lauralie monte sans selle.

«La semaine dernière, mon cheval ne voulait pas avancer. J’ai tellement une bonne connexion avec lui qu’il savait que j’avais peur. Il le sent quand je suis heureuse, que j’ai peur ou que je suis excitée.»

Sabrina Lamothe a déjà éprouvé des difficultés d’apprentissage scolaire. L’équitation lui permet de reprendre confiance.

«J’aime avoir une relation avec un cheval. Il ne peut pas te juger, lui», affirme-t-elle.

Un projet qui trotte

Le programme permet aux jeunes filles d’obtenir la certification de Cavalier 1.

«Quand les élèves arrivent, elles ne veulent que monter à cheval et ce n’est pas que ça qu’on leur enseigne, explique Anick Vallée, l’enseignante responsable du parcours équestre. La jeune fille peut avoir à gratter le fond du box, aller chercher du foin et jouer dans le fumier!»

Elle reprend goût à la vie grâce à son cheval

Maude Gamache-Lavoie
Photo Le Journal de Montréal, Éliane Thibault
Maude Gamache-Lavoie

WATERVILLE | La pratique de l’équitation a carrément sauvé la vie d’une adolescente. La relation qu’elle entretient avec son cheval lui permet de faire la paix avec elle-même, après avoir traversé de dures épreuves.

«En dedans de moi, c’était la guerre entre deux personnalités. L’une était faible et l’autre était forte. À cheval, c’était le moment où mes deux personnalités étaient ensemble», confie Maude Gamache-Lavoie.

À 17 ans, cette finissante du Collège François-Delaplace­­ passe 8 heures par semaine avec sa monture, Auguste. Grâce à l’entente qu’entretient son établissement scolaire avec l’écurie voisine, elle peut suivre ses cours d’équitation dans une concentration spécifique.

La jeune femme, qui a combattu l’intimidation, a surmonté des troubles d’apprentissage et s’est remise d’une tentative de suicide, voit cette opportunité comme étant salvatrice.

«Faire du cheval est ma bouée de sauvetage. Quand je suis arrivée au collège, en secondaire 3, les personnes dans ma classe avaient peur de moi. J’étais colérique et dans certaines situations, je pouvais frapper dans les murs», se souvient­­-elle.

«Un moment donné, j’avais passé une mauvaise journée à l’école, j’avais appris­­ une mauvaise nouvelle. Auguste avait senti ma peine et quand je lui donnais mes ordres, il les faisait sans répliquer... C’était vraiment spécial. »

 

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