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Des parents ont peur de dénoncer le manque de services

Ils craignent des représailles, selon Autisme Québec

La directrice d’Autisme Québec, Lili Plourde, était hier aux côtés de Michel Labonté (à gauche) et de son avocat, Me Christian Lajoie (à droite), pour appuyer ce père qui poursuit la Commission scolaire de la Capitale pour discrimination envers son fils autiste.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère La directrice d’Autisme Québec, Lili Plourde, était hier aux côtés de Michel Labonté (à gauche) et de son avocat, Me Christian Lajoie (à droite), pour appuyer ce père qui poursuit la Commission scolaire de la Capitale pour discrimination envers son fils autiste.

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Des parents hésitent à porter plainte pour dénoncer le manque de services adaptés aux besoins des élèves par crainte de représailles, affirme Autisme Québec.

Sa directrice générale, Lili Plourde, est catégorique. Michel Labonté, ce père qui poursuit la Commission scolaire de la Capitale pour 600 000 $, est loin d’être le seul parent qui dénonce le manque de services adaptés aux besoins de son enfant. Mais les parents hésitent à porter plainte par crainte de représailles, affirme Mme Plourde.

«Pourquoi il n’y a pas plus de plaintes dans les commissions scolaires? C’est parce que les parents ont peur. Ils ont peur des représailles, ils ont peur des impacts sur leurs enfants au quotidien. Mais, nous, on dit aux parents: si vous ne portez pas plainte, il n’y a rien qui va changer. C’est dommage», lance-t-elle.

Dédales bureaucratiques

De son côté, Christian Lajoie, l’avocat de Michel Labonté, n’hésite pas à comparer les commissions scolaires à un «mille-feuille bureaucratique». Entre le comité pour les élèves en difficulté, le conseil des commissaires, le protecteur de l’élève et les autres instances, les parents ont parfois beaucoup de difficulté à s’y retrouver, ce qui peut aussi en décourager plusieurs.

«Les parents sont démunis. Ce n’est pas normal d’avoir à se battre contre une organisation qui est supposée te donner les services auxquels tu as droit», lance-t-il.

Dans le cas de Michel Labonté, l’avocat parle d’un «processus kafkaïen et occulte», qu’il compare aux «12 travaux d’Astérix». «Les commissions scolaires semblent manquer tellement de ressources qu’elles cachent les services», dit-il.

De son côté, Michel Labonté n’est pas au bout de ses peines. Après s’être battu trois ans pour obtenir une classe spécialisée pour son garçon autiste, il doit maintenant recommencer à se battre pour obtenir les mêmes services au secondaire, où son fils fera son entrée l’automne prochain. Des démarches viennent d’être entamées.

Présentement, seulement 16 élèves répartis dans deux groupes ont accès à cette classe spéciale.

Deuxième bataille

«C’est un autre combat qui s’en vient. Et je ne me gênerai pas pour utiliser des mises en demeure ou des injonctions pour faire respecter ses droits», affirme-t-il, tout en soulignant que le parcours de son enfant avait déjà été assez hypothéqué.

M. Labonté espère par ailleurs que la poursuite intentée contre la Commission scolaire de la Capitale fera jurisprudence. «C’est crucial aussi pour les autres parents», lance-t-il.

Ce que dit la Loi sur l’instruction publique

«Toute personne a droit au service de l’éducation préscolaire et aux services d’enseignement primaire et secondaire [...]. La commission scolaire doit adapter les services éducatifs à l’élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage selon ses besoins, d’après l’évaluation qu’elle doit faire de ses capacités