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Incendie à Charlesbourg: la famille qui a sauté d'un quatrième étage met la Ville de Québec en demeure

Le délai de prescription pour poursuivre le Service des incendies de Québec, à cause de son échelle défectueuse lors de l'incendie de la rue des Cyprès à Charlesbourg où trois personnes ont sauté du 4e étage, était fixé à mercredi.
Capture d'écran vidéo Richard Busque Le délai de prescription pour poursuivre le Service des incendies de Québec, à cause de son échelle défectueuse lors de l'incendie de la rue des Cyprès à Charlesbourg où trois personnes ont sauté du 4e étage, était fixé à mercredi.

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Le saut dans le vide d’une famille de Charlesbourg à partir du quatrième étage pour échapper aux flammes était inévitable en raison de la négligence du Service de protection contre l’incendie, soutient la mise en demeure envoyée à la Ville de Québec mercredi.

Le bureau d’avocats de Guy Bertrand a confirmé l’envoi d’une mise en demeure à la municipalité dans le dossier de l’incendie de la rue des Cyprès, à Charlesbourg, le 6 janvier dernier.

Pris au piège lors de l’incendie de leur logement, Nathalie Chicoine, son fils de 10 ans, Jason, et le conjoint de la dame, Claude Gignac fils, ont dû sauter par la fenêtre parce que l’échelle du camion de pompiers était coincée.

«Devant l’absence d’intervention efficace de vos préposés et l’ordre qui leur était transmis par des policiers et pompiers au sol, nos clients, étouffés par la fumée et menacés par une chaleur intense, ont dû se résoudre, à contrecœur et pour éviter la mort, à sauter dans le vide», mentionne la mise en demeure.

Plusieurs fautes

Ainsi, la famille tient le Service de protection contre l’incendie responsable des dommages physiques et psychologiques subis par les membres de la famille la nuit du drame. «On veut des réponses», a mentionné Guy Chicoine, frère d’une des victimes.

Selon le document, le Service de protection contre l’incendie aurait commis de nombreuses erreurs le matin du tragique événement. Il aurait notamment été incapable de déployer l’échelle aérienne et aurait omis de répondre rapidement et efficacement à l’appel d’urgence. L’avocat Guy Bertrand soutient que les victimes ont attendu de 10 à 12 minutes avant l’arrivée des pompiers.

Pour l’instant, aucune somme d’argent n’est réclamée, car l’évaluation des séquelles des sinistrés ne serait pas terminée. D’ailleurs, Nathalie Chicoine pourrait ne recommencer à marcher que dans trois mois.

Après le saut, elle a été hospitalisée aux soins intensifs et plongée dans un coma artificiel. En plus de ses nombreuses fractures aux jambes, aux chevilles et au visage, la dame ne pouvait plus respirer par elle-même. Elle devra subir une rééducation. Son fils a eu plus de chance, car de bons Samaritains ont réussi à le rattraper avant qu’il ne s’écrase au sol.

Claude Gignac fils, qui a pris la décision de faire sauter tous les membres de la famille à cause du danger qui les guettait, a subi de graves blessures au dos. Me Bertrand représente aussi M. Gignac, soulignant «qu’il a agi en véritable héros devant l’impuissance des services municipaux à assurer le sauvetage de nos clients et a subi aussi de graves blessures».

Les cinq manquements du Service de protection contre l’incendie identifiés

1. Avoir fait preuve d’incurie en omettant d’intervenir plus rapidement et plus efficacement

2. S’être présenté sur les lieux sans équipement ou matériel adéquats ou fonctionnels

3. Avoir été incapable de déployer l’échelle aérienne

4. Avoir omis, dès ce constat d’échec, d’utiliser un plan B

5. Avoir omis de diminuer l’impact lors du saut dans le vide de nos clients