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Dons de 1,25 million$ en santé mentale

Quelque 12 000 enfants pourraient en bénéficier à Québec

Grâce à la philanthropie, les enfants nés d'un parent souffrant d'une maladie mentale auront accès à une meilleure prise en charge, à Québec.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Grâce à la philanthropie, les enfants nés d'un parent souffrant d'une maladie mentale auront accès à une meilleure prise en charge, à Québec.

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Un projet de recherche novateur permettant de détecter précocement les troubles psychiatriques chez les enfants nés d'un parent souffrant d'une maladie mentale voit le jour à Québec grâce à des dons de 1,25 million$.

Bell Cause pour la cause a versé 1 million$ à la Fondation de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) pour la mise sur pied du projet HoPe, Horizon Parent-enfant, tandis que la Fondation de l'Ordre des infirmières du Québec y est allée d'une contribution de 250 000$.

Le projet HoPe s'adresse aux quelque 12 000 jeunes de la région de Québec dont l'un des parents est atteint d'une maladie psychiatrique grave comme la schizophrénie, la maladie bipolaire ou la dépression majeure récidivante.

Ces enfants présentent un risque 15 à 20 fois plus élevé de développer à l'âge adulte des troubles mentaux. Plus de la moitié d'entre eux ont, dès l'enfance, des problèmes de développement ou de comportement, mais seulement un enfant sur quatre reçoit les soins et services requis.

«C'est vraiment déplorable. Le projet HoPe permettra une meilleure prise en charge de ces enfants. Les infirmières bachelières joueront un rôle central afin d'établir un lien de confiance avec les membres de la famille et d'assurer la continuité des soins jusqu'à l'âge adulte», a soulevé, hier, la présidente de l'Ordre des infirmières, Lucie Tremblay.

Atteint de maladie bipolaire et papa d'une fillette de quatre ans, l'humoriste P-A Méthot se réjouit de ce projet. «Chaque matin, chaque soir, on se demande si notre enfant n'aura pas les mêmes symptômes que nous. Merci pour les parents qui s'en inquiètent tous les jours», a exprimé M. Méthot.

Test biologique unique

Dans le cadre du projet HoPe, les chercheurs pourront en outre mettre à profit un test biologique unique au monde, l'électrorétinographie, mis au point par l'équipe du Dr Marc Hébert au centre de recherche de l'IUSMQ.

Cette technonologie de pointe, qu'on pourrait comparer à l'électrocardiogramme, permet de détecter des anomalies à la rétine associées à l'apparition de troubles psychiatriques. Ce test biologique a été expérimenté jusqu'ici sur une cohorte de 1000 Québécois, dont des enfants du Saguenay jugés à haut risque, puisque six membres de leur famille souffraient de problèmes mentaux.

«Depuis 2010, on continue à suivre ces enfants, dont 30% risquent de développer une maladie mentale. Nous entreprenons un autre projet de recherche avec 300 autres jeunes à risque, âgés de 16 à 25 ans», a souligné le Dr Hébert.

Le projet HoPe étant un projet de recherche, il ne bénéficie pas de l'appui financier du ministère de la Santé, a précisé le ministre Barrette. Il a insisté sur l'importance de la philanthropie, compte tenu que «le gouvernement ne peut pas tout faire».

Projet de recherche HoPe

  • Cible les enfants nés d'un parent souffrant d'une maladie mentale dans la région de Québec.
  • Améliorer le dépistage et l'accès aux services par une meilleure prise en charge.
  • Objectif: rejoindre d'ici 8 ans quelque 12 000 enfants à risque et leur famille.