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Enquête publique réclamée pour le feu sur la rue des Cyprès à Charlebsbourg

Une famille avait dû sauter du 4e étage de l'immeuble incendié

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La famille qui dû sauter du 4e étage d’un immeuble en feu le 6 janvier parce que l’échelle des pompiers ne s’est pas déployée réclame la tenue d’une enquête publique.

Le groupe demande au coroner Cyrille Delage d’évaluer l’équipement et la formation du Service des incendies de la Ville de Québec.

«Nous sommes d’avis que seule une enquête publique vous permettra de rassurer la population québécoise, notamment sur la disponibilité et l’efficacité des équipements de sauvetage mis à la disposition des pompiers de la Ville», relate la demande adressée au ministère de la Sécurité publique obtenue par Le Journal.

Selon le document du bureau de Me Guy Bertrand, qui prend la parole au nom de ses clients, l’incendie de la rue des Cyprès à Charlesbourg suscite plusieurs interrogations sur le plan de la fiabilité des camions à échelle et sur la disponibilité d’équipements comme des coussins gonflables ou des échelles manuelles, lorsqu’on fait face à une panne.

La requête allègue que les camions à échelle ont éprouvé des difficultés par le passé parce que la communication ne se faisait pas entre certains modules électroniques du camion et l’échelle qui venaient de fournisseurs différents. Le syndicat des pompiers a confirmé que le camion utilisé ce soir-là avait déjà connu des lacunes, même récemment.

Séquelles

Le 6 janvier dernier, Nathalie Chicoine, son fils de 10 ans Jason et son conjoint Claude Jr Gignac ont dû sauter de leur logement en flammes, prisonniers d’une chambre, car la grande échelle ne s’est pas déployée pour venir les récupérer. Ils ont tous subi des dommages physiques graves ou psychologiques. Nathalie Chicoine est toujours hospitalisée à cause de blessures aiguës aux jambes et au visage.

Le frère de la victime, Guy Chicoine, qui agit comme client dans ce dossier, a aussi été fortement secoué par la tournure des événements.

«Il a été sidéré d’apprendre que les pompiers et autres autorités n’ont utilisé aucun autre équipement ou matériel leur permettant d’effectuer un sauvetage vertical des victimes prisonnières de la fumée et des flammes», soutient la réclamation, réitérant que les clients ne remettent aucunement en doute le courage et la bonne foi des pompiers.

Le bureau d’avocat demande au coroner Cyrille Delage de répondre à de nombreuses questions concernant le brasier du 6 janvier 2016.

C’est maintenant au ministre de la Sécurité publique, Pierre Moreau, de décider de l’avenir de cette requête.

La famille veut des réponses

  • Combien de pompiers étaient en service?
  • Combien de pompiers se sont rendus sur les lieux lors de la première alarme?
  • À quelle heure, minutes, secondes précises sont-ils arrivés sur les lieux?
  • À quelle heure, minutes, secondes précises ont-il installé l’échelle aérienne à proximité de la fenêtre ?
  • Combien de temps pour déployer l’échelle habituellement?
  • À quelle heure ont-ils constaté que l’échelle ne fonctionnait pas?
  • Quelles sont les causes?

Camion avec un historique de problèmes

La tenue d’une enquête publique n’est pas nécessaire selon le président du syndicat de pompiers de la Ville de Québec, qui soutient que le camion en faute le soir de l’incendie a déjà connu des problèmes.

Le président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin, avoue que le camion 408 a eu des problèmes avec son échelle dès son retour en service le 20 janvier dernier. Deux anomalies importantes au panier de l’échelle ont été remarquées lors de la vérification de routine.

Le président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin.
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
Le président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin.

«Deux pièces étaient à changer. Alors, oui, c’est possible que durant l’expertise le trouble n’ait pas été trouvé. La preuve c’est qu’ils n’ont même pas vu que le panier était défectueux», a expliqué Éric Gosselin. «Il peut y avoir eu un problème intermittent sur le véhicule, c’est un véhicule qui a 22 ans et qui a un historique de certains problèmes».

Selon M. Gosselin, l’enquête du service des incendies devrait répondre aux questions de la famille, assurant qu’une enquête publique ne sera «pas nécessaire». «Le rapport qui sera suffisant va répondre aux questions», a-t-il dit.

Employé défendu

Par ailleurs, le syndicat défend aussi fermement l’opérateur de l’échelle 408 qui n’a pas réussi à soulever l’échelle la nuit de l’incendie.

Le pompier responsable de l’échelle a une vaste expérience et est opérateur de ce même camion depuis 9 ans.

«Que l’échelle ne tourne pas, c’est malheureux, mais ça peut arriver», a mentionné M. Gosselin, éliminant l’erreur humaine.

«Avec le rapport qu’on a en main, on sait que l’opérateur a fait ses séquences, refait ses séquences. C’est un opérateur chevronné. Il sait que lorsque les pattes ne sont pas complètement sorties, l’échelle ne tournera pas. Il a assuré lors de l’enquête que les pattes ont été sorties, que ç’a été refait, mais au moment de la virer, elle n’a pas levé».