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5 défis qui attendent Saguenay­

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Le maire Jean Tremblay veut «corriger les erreurs du passé» et ramener la population vers les centres-villes. Bien que des millions de dollars aient été investis et que d’autres efforts restent à venir, différents défis se posent pour la ville et les promoteurs privés. Le professeur et urbaniste Martin Simard en a identifié cinq.

1. Choisir un centre-ville dominant

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La création de la Ville de Saguenay en 2002, avec la fusion de Chicoutimi, Jonquière et La Baie, a amené son lot de problèmes.

«On ne retrouve pas à Saguenay de centre-ville clairement défini ayant un effet structurant sur l’agglomération», mentionne Martin Simard. Les élus ont plutôt décidé de faire cinq pôles majeurs : Chicoutimi, La Baie, Jonquière, Kénogami et Arvida. «Nous avons un problème puisque nous n’avons pas voulu faire de choix. On a voulu tous les maintenir. On devrait plutôt en prioriser un ou deux et transformer les autres en petits pôles commerciaux», estime l’urbaniste. Martin Simard croit que les grandes tours à bureau, comme celle de Revenu Québec en construction à Arvida, devraient faire partie du centre-ville dominant, avec des restaurants et des commerces.

«C’est comme ça qu’un centre-ville peut devenir vivant».

2. Construire de l’habitation dans les centres-villes

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Martin Simard est convaincu que la Ville et les promoteurs privés devraient mettre de l’énergie afin de créer de nouvelles formes d’habitation, comme des condominiums, dans les centres-villes de Saguenay. «Pour qu’un centre-ville reprenne vie, je crois qu’il doit y avoir des gens qui y habitent», affirme-t-il. La meilleure solution pour y arriver serait d’utiliser les terrains laissés vacants, à différent endroit sur le territoire. On parle entres autres du terrain de l’ancienne gare du CN à Chicoutimi, des terrains inutilisés de la rue Sainte-Anne et de l’ancien terrain de la Consol à La Baie.

«C’est surprenant que nous ayons des grands terrains vacants comme ceux-là, qui attendent des projets de développement», fait remarquer l’urbaniste. Martin Simard dénonce également le manque de vision d’ensemble de la Ville. «On revitalise les centres-villes avec des projets très précis, comme un parc ou un bâtiment public, mais il n’y a pas d’incitatif pour ramener du résidentiel. C’est une erreur. On mise trop sur les projets tape-à-l’œil».

3. Embellir les boulevards

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Les boulevards Talbot, Saint-Paul et Harvey auraient besoin d’une grande transformation afin d’améliorer les aspects esthétiques et sécuritaires. «Le paysage est constitué de bâtiments de diverses formes, de diverses couleurs, avec des affiches partout. Il faut corriger l’environnement urbain médiocre que nous avons construit depuis 50 ans», affirme Martin Simard.

L’urbaniste propose différentes stratégies comme le contrôle de l’affichage commercial, l’aménagement de zones piétonnières et la présence de verdure. Un projet qui ressemble vaguement à celui que le maire, Jean Tremblay, a annoncé dernièrement pour le boulevard Talbot. Martin Simard considère que les piétons doivent «trouver leur place» dans ces zones commerciales construites principalement pour les voitures.

4. Respecter le patrimoine

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La survie des lieux patrimoniaux, comme les églises de Saguenay, représente un défi majeur. «C’est important de respecter notre patrimoine. Il ne faut pas laisser les bâtiments se détériorer. On ne doit pas les abandonner», souligne Martin Simard. Le professeur de l’UQAC croit que nous devons réfléchir en collectivité pour trouver de nouvelles vocations à ces bâtiments. Selon lui, le cas de Notre-Dame-de-Fatima à Jonquière, «un si beau bâtiment qui sera démoli», ne doit pas se répandre. Martin Simard estime qu’il faudrait miser sur des projets comme l’école de danse Florence Fourcaudot qui s’est installée dans l’ancienne église Saint-Luc, à Chicoutimi-Nord.

5. Utiliser les quartiers déjà existants
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La Ville de Saguenay, avec un territoire étendu sur 1280 km2, doit faire face à un problème d’étalement urbain. «C’est relié à l’histoire; plusieurs petits pôles urbains se sont développés relativement loin les uns des autres, avant d’être reliés par des routes. C’est un défi d’unifier ces petits morceaux, de leur donner une cohérence et de trouver un lien commun entre chacun», admet Martin Simard. Depuis les années 1960, des promoteurs privés créent de nouveaux quartiers ou de nouvelles rues afin d’y construire des bungalows avec «d’énormes terrains» ou des jumelés. Selon Martin Simard, cette façon de faire doit cesser puisque «le modèle n’est pas bon pour l’environnement et l’économie de la région». «Il faut arrêter l’étalement et embellir ce que nous avons déjà. L’étalement, ça coûte très cher en transport, en installation municipale, en déneigement, etc.», explique-t-il.

De plus, «on encourage un modèle de non-durabilité» avec un territoire trop grand qui nécessite l’utilisation des automobiles.

Martin Simard, urbaniste.
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Martin Simard, urbaniste.