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Quand le mal de vivre fait place à l’espoir

Il y a eu environ 38 suicides par année entre 2011 et 2015 au Saguenay–Lac-Saint-Jean, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec.
photo roger gagnon Il y a eu environ 38 suicides par année entre 2011 et 2015 au Saguenay–Lac-Saint-Jean, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec.

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S’il est un sujet difficile à aborder avec ses proches, c’est bien celui du suicide. Mélissa*, une jeune étudiante de 24 ans de Chicoutimi, en sait quelque chose. Car si elle mord aujourd’hui dans la vie à pleines dents, des violences physiques et psychologiques infligées par une belle-mère abusive ont poussé la jeune femme au bord du gouffre il y a quelques années.

C’est pourquoi la Semaine nationale de la prévention du suicide, dont la 26e édition se conclut aujourd’hui, revêt une importance toute particulière année après année.

Et si ce fléau a affligé les familles d’environ 38 personnes par année entre 2011 et 2015 au Saguenay–Lac-Saint-Jean, selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec, celle de Mélissa n’a pas eu à endurer ce deuil si lourd à porter.

Peur d’être jugée

Car à 18 ans, Mélissa n’en peut plus, et c’est la peur d’être jugée qui l’empêche de se confier, que ce soit à ses parents ou encore à son entourage. Les idées noires, elles, continuent de s’accumuler. Mais ce qui est au départ une simple idée se transforme peu à peu en une funeste éventualité.

«Le fait que je craigne la mort me rassurait au départ. Les pensées suicidaires étaient là, mais sans façon précise de ce que je voulais faire. Mais un moment donné, je me suis mis à ne plus avoir peur de la mort. C’est à ce moment que je me suis fait peur moi-même et je suis allé chercher de l’aide», explique l’étudiante, qui préfère garder l’anonymat.

L’importance du soutien

Cette aide, elle la trouve d’abord chez un psychologue qu’elle décide de consulter, puis auprès de ses parents, à qui elle choisit enfin de se confier. Et c’est ce soutien qui constitue la clé pour venir en aide à une personne suicidaire, explique le coordonnateur du Centre de prévention du suicide 02, Laurent Garneau.

«Il faut aborder la question directement avec la personne, s’assurer de laisser la porte ouverte au cas où elle voudrait se confier. C’est aussi important qu’elle comprenne que ce n’est pas parce que ça va mal que ça va toujours mal aller.»

Un conseil que Mélissa a bien assimilé, et qu’elle n’oubliera plus jamais.

«Je souris quand je pense à la chance que j’ai d’avoir cherché de l’aide et de m’en être sortie. Quand je repense à ce moment-là, quand j’ai été suicidaire, je me dis que c’est tellement beau la vie et que par chance, je n’ai rien fait [d’irréversible]», conclut la jeune femme, qui malgré les difficultés passées, transpire aujourd’hui la confiance.

*Le nom a été modifié par souci de confidentialité

 
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