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Un ex-cadre de SNC-Lavalin fait cadeau d’un condo

Accusé de fraude, il a donné quatre propriétés

Condo SNC-Lavallin
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier Le nouveau cadeau de Sami Bebawi, un condo de plus d’un demi-million $ situé dans cette tour du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, est allé à son gendre.

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Décidément, Sami Bebawi est généreux avec ses proches. Accusé de fraude, corruption et blanchiment d’argent, l’ancien vice-président directeur de SNC-Lavalin vient de transférer une quatrième propriété à un membre de sa famille.

Cette fois-ci, c’est le gendre de l’ingénieur déchu qui profite de ses largesses. Bebawi a donné un condo à Shafik Mina, un avocat marié à sa fille Nadine. La copropriété, d’une valeur de 582 000 $, se trouve dans une tour du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, dans l’arrondissement d’Outremont.

Il n’a pas été possible de joindre Safik Mina pour obtenir ses commentaires.

34 M$ détournés

Avec ce dernier don, notre Bureau d’enquête a recensé pas moins de huit transactions à 0 ou 1 $ réalisées par des membres de la famille et la fiducie des Bebawi, et ce, sur quatre immeubles différents.

Au total, la valeur des propriétés, situées à Montréal et à Brownsburg-Chatham, dans les Laurentides, s’élève à plus de 4,3 M$.

Sami Bebawi est accusé d’avoir détourné 34 M$, selon l’accusation, notamment en pots-de-vin au régime de Kadhafi, en Libye. Bebawi s’est livré à la police en février 2015 après s’être terré en Égypte. Il a payé une caution de 200 000 $ pour retrouver sa liberté.

Sami Bebawi, ex-cadre de SNC-Lavalin accusé
Photo courtoisie
Sami Bebawi, ex-cadre de SNC-Lavalin accusé

Les multiples transactions auxquelles s’adonne sa famille sur le marché immobilier visent vraisemblablement à compliquer les éventuels recours contre lui.

Insaisissabilité

L’acte de don du condo de Côte-Sainte-Catherine contient d’ailleurs une clause d’«insaisissabilité» visant à conserver l’immeuble dans la famille de Sami Bebawi pendant 50 ans.

Des moyens existent toutefois pour mettre la main sur leurs immeubles, malgré ces clauses, selon les spécialistes qu’a consultés notre Bureau d’enquête.

Mais de telles transactions mettent des bâtons dans les roues de la justice, dit Bernard Boucher, chef du groupe Restructuration et insolvabilité au cabinet Blakes. «C’est comme une course à obstacles. Plus il y a d’entraves, plus c’est difficile.»