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Haro sur l'austérité dans les universités

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Les 700 millions coupés dans les universités depuis 2012 ont porté préjudice à la qualité de l'enseignement, dénonce la Table des partenaires universitaires.

Une demi-douzaine d'organisations se sont liguées pour réclamer un réinvestissement dans le réseau universitaire. «L'Université Laval a fermé des programmes et l’on songe à en fermer d'autres, à l'Université de Montréal, les bibliothèques ont été forcées de résilier l'abonnement à des revues scientifiques, ce qui nuit à la recherche, la taille des groupes ne cesse d'augmenter», a exposé Denis Sylvain, de la Fédération des associations étudiantes universitaire en éducation permanente.

Parallèlement, le nombre de hauts dirigeants a presque doublé depuis 10 ans, rapportait le Journal le 11 février. Ces gestionnaires doivent répondre aux multiples rapports exigés par le ministère de l'Éducation. En 1989, le réseau universitaire devait pondre 35 rapports de gestion par année au ministère de l'Éducation. En 2015, le nombre de rapports à remettre a été réduit de 247 à 222. «Ça prend du monde pour produire des rapports (qui) aboutissent dans la filière numéro 13», soutient Sylvain Marois, de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ).

«222 rapports de gestion à remplir chaque année, c'est d'une débilité finie, dénonce Michel Umbriaco, professeur à la TÉLUQ. Si quelqu'un se donnait la peine de lire ces rapports, les comprenait et agissait en fonction de ces rapports-là... Les gens du ministère nous disent qu'ils n'ont ni les ressources, ne le temps, ni les compétences pour les lire. Le nombre de personnes au ministère a diminué, la compétence aussi.»

Cette ère de vaches maigres menace particulièrement les facultés de sciences humaines, sociales et de lettres, constate Michel Umbriaco. «C'est ce qui est le moins financé à l'université. Parce que c'est fatigant ces facultés-là. En principe, ces facultés forment des chômeurs, des carrés rouges, des critiques, des gens qui font de l'analyse sociale; on aime mieux avoir des ingénieurs qui font des ponts ou des administrateurs qui gèrent. Pour le gouvernement, ce sont des facultés de sciences molles, pour nous ce sont des facultés qui ont mis le Québec à jour dans les années 1970. On est là-dedans.»

La table des partenaires universitaires représente plusieurs dizaines de milliers de personnes provenant des communautés étudiantes, des professeurs, chargés de cours et des autres employés des universités.