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Le maire de Saint-Augustin s’oppose au pipeline

Craintes d’une fuite de pétrole dans le Saint-Laurent

Le maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Le maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau

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Loin d’être rassuré par TransCanada, le maire de Saint-Augustin se range aux arguments de son conseil qui s’oppose au passage d’un pipeline sur son territoire. Il s’inquiète surtout des impacts d’une fuite potentielle dans le fleuve Saint-Laurent.

Si Ottawa donne son aval au projet, l’oléoduc Énergie Est franchira le fleuve entre Saint-Augustin-de-Desmaures et Saint-Nicolas pour se rendre à la raffinerie Valero de Lévis. Le tunnel sous-fluvial, dont le coût est estimé à 200 millions $, sera foré horizontalement dans le roc à environ 40 mètres sous le lit du fleuve.

«Les représentants de TransCanada sont venus me rencontrer personnellement cet automne et je n’ai pas été jeté à terre. Ils n’ont pas démontré de façon éloquente qu’ils prenaient les choses au sérieux. En ce sens, je partage les préoccupations du conseil et du comité consultatif», a confié Sylvain Juneau en entrevue.

Deuxième résolution

Le conseil de Saint-Augustin avait adopté une deuxième résolution, en décembre dernier, pour s’opposer au projet, en plus de réclamer un moratoire au gouvernement du Québec et d’exiger, si le projet se concrétise, une redevance de un million de dollars par kilomètre de structure qui traverse son territoire, soit 6,8 km.

«On a tous les risques, puis aucun intérêt. Ça nous donne quoi nous autres? Sur les terres de la Ville, il pourrait y avoir des taxes, mais c’est une poignée de change. Et même si on avait des millions, on n’a pas plus de garanties pour la sécurité.»

Des capteurs permettront de détecter une fuite, lui a-t-on répété. «Un coup qu’on a dit ça, je leur ai demandé: “À ce moment-là, vous faites quoi?” La seule chose qui peut être faite, c’est de refaire un autre tunnel avec un nouveau tuyau, selon ce qu’on m’a dit. Ça ne me donne pas confiance...», a-t-il exposé, redoutant les conséquences d’une fuite sur la nappe phréatique de Saint-Augustin, la prise d’eau potable de Québec, sans oublier les milieux fragiles comme les battures et la réserve naturelle.

Fuite « quasi impossible »

«Il est quasi impossible que notre pétrole rentre en contact avec l’eau s’il y a fuite dans le tunnel», rétorque Jonathan Abecassis, porte-parole de TransCanada. «Le tunnel mesure entre 9 et 10 pieds de large et le pipeline va être au milieu et il va être bétonné complètement. Le pétrole ne pourra pas sortir à ces endroits-là», plaide-t-il, ajoutant que le passage d’un pipeline, enterré sous un milieu aquatique, «est probablement un des endroits les plus sécuritaires».

Il rappelle l’existence du gazoduc TQM, qui traverse déjà le fleuve non loin de là. «Il est en activité depuis 1995. Il y en a eu des tremblements de terre depuis et il n’y a eu aucune faille. Le pipeline a une feuille de route exemplaire.»