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Exclue d’un atelier de menuiserie pour hommes seulement

Une femme porte plainte à la Commission des droits de la personne

menuiserie rivière-du-loup
Photo Stéphanie Gendron Un atelier de menuiserie pour hommes mis sur pied par Rivière-du-Loup fait l’objet d’une plainte à la Commission des droits de la personne. Sur la photo, Alain Caron (à gauche) et René Dumont (à droite), deux membres de l’atelier.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Une femme qui voulait s’inscrire à un atelier de menuiserie exclusivement réservé aux hommes a porté plainte à la Commission des droits de la personne.

La Ville de Rivière-du-Loup a mis en place un atelier de menuiserie donné par et pour les hommes, en mai 2015. Mais une femme qui voulait s’y inscrire ne digère pas d’avoir été exclue.

Dans sa plainte à la Commission des droits de la personne, la dame, qu’il est impossible d’identifier pour des motifs de confidentialité, juge discriminatoire de réserver l’atelier uniquement aux hommes.

La municipalité du Bas-Saint-Laurent admet que la dame aura probablement raison devant la Commission, mais maintient l’exclusion des femmes, jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de corriger la situation.

Pour hommes

La Ville a mis en place cet atelier afin de sortir les hommes de 50 ans et plus de leur isolement, car ils ont peu d’endroits pour se rencontrer.

Malgré la plainte, le comité de bénévoles masculins à la tête des ateliers souhaite continuer d’exclure les femmes lors de leur rencontre.

«Il faut toujours garder l’objectif de départ d’un lieu de rencontre seulement pour hommes, au moins trois fois par semaine», croit Alain Courcy, vice-président du comité.

Ce dernier a constaté l’impact bénéfique de la formule actuelle sur la trentaine d’hommes aînés qui y participent.

«Nous ne sommes pas misogynes, mais il n’y avait pas de lieu approprié depuis la fin des fameuses tavernes. Il y a des échanges qui se font ici pendant que les hommes sont penchés sur leurs outils, qu’il n’y aurait pas, à mon avis, dans un café, dans le blanc des yeux», a dit M. Courcy

Le comité se dit toutefois ouvert à ce qu’au-delà des moments réservés aux hommes, la Ville de Rivière-du-Loup ouvre les portes de l’atelier aux femmes.

La décision de cette femme de porter plainte est saluée par Richard Bujold, qui s’est impliqué un court moment dans le comité de départ du projet.

«Pourquoi se limiter? Plus il y a de gens, plus il y a de meilleures idées et les femmes peuvent apporter quelque chose de plus», croit celui qui a décidé de se détacher du concept en raison, entre autres, de son caractère trop exclusif.

La dame aurait raison

Au moins deux ou trois femmes ont signifié leur désaccord avec la formule réservée aux hommes, selon le directeur du Service des loisirs Benoît Ouellet.

«Les portes ne sont pas fermées. Ce n’est pas de l’insouciance, mais on vient tout juste de commencer», ajoute M. Ouellet, étant donné que la Ville est un organisme public et qu’il ne s’agit pas, par exemple, d’un comité social.