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Bilan mitigé pour les tableaux blancs interactifs dans les écoles

tableau blanc interactif
Photo Le Journal de Montréal, Sarah-Maude Lefebvre L’enquête démontre que l’utilisation du tableau blanc interactif n’a pas d’impact sur la réussite des élèves, selon la grande majorité des enseignants.

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Problèmes techniques, sous-utilisation, absence d’impact sur la réussite des élèves... Cinq ans après l’implantation des tableaux blancs interactifs, le bilan est pour le moins mitigé, conclut une vaste étude sur la question.

Selon l’enquête réalisée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, le tableau blanc interactif (TBI) est loin d’être utilisé à son plein potentiel dans les écoles du Québec.

Un peu plus de la moitié des enseignants interrogés (52%) n’y ont pas recours de façon régulière. Et même lorsque le TBI est utilisé, c’est principalement comme projecteur électronique, très rarement pour ses fonctions interactives (1,4%).

«C’est peut-être là le bémol le plus important de l’enquête. Est-ce qu’un outil de projection ne serait pas suffisant pour la majorité des enseignants? C’est comme si on donnait une voiture qui va très vite à des gens qui veulent conduire en ville», lance l’auteur de l’étude, Thierry Karsenti, qui estime qu’on ne doit pas imposer une technologie à des enseignants qui y sont réfractaires.

Solutions moins coûteuses

L’enjeu est de taille puisque des projecteurs électroniques sont beaucoup moins dispendieux (environ 600 $) que des TBI, dont la facture s’élève à plusieurs milliers de dollars.

«L’imposition d’une technologie uniforme pour tous les enseignants, c’était peut-être trop précipité comme décision. On aurait plus rentabilisé les investissements si on avait proposé des solutions à géométrie variable», affirme M. Karsenti.

Les résultats de l’enquête démontrent par ailleurs «à quel point les enseignants semblent rencontrer des problèmes techniques» avec l’usage des TBI, peut-on lire. C’est le cas pour 71% d’entre eux alors que 17% estiment que l’utilisation du tableau blanc occupe beaucoup trop de temps en classe.

Aucun impact sur la réussite

L’enquête démontre par ailleurs que l’utilisation de ce tableau n’a pas d’impact sur la réussite des élèves, selon la grande majorité des enseignants.

Thierry Karsenti n’est toutefois pas étonné de ces résultats, puisque seulement 4% des élèves utilisent régulièrement le tableau interactif. Pour ces élèves, les impacts positifs sont bien réels, dit-il.

«Plus les élèves manipulent le TBI, plus ils perçoivent que cela a un impact positif sur leurs résultats scolaires, sur leur motivation à l’école, sur leur concentration en classe, voire sur leur satisfaction générale face à l’école. Cela est fort prometteur, mais encore faut-il que plus que 4% des enseignants se risquent à laisser les élèves manipuler cet outil», peut-on lire.

Le portrait est toutefois loin d’être tout noir, tient à souligner le professeur de l'Université de Montréal. La quasi-totalité des élèves (99%) préfère le TBI au tableau noir. «Les impacts sur leur motivation sont majeurs», affirme M. Karsenti. De leur côté, 74% des enseignants le préfèrent à la traditionnelle ardoise.

Cette enquête, réalisée auprès de 11 683 élèves et de 1131 enseignants, survient cinq ans après le lancement du programme de 240 millions $ qui visait à doter toutes les écoles du Québec de TBI, lancé gouvernement de Jean Charest,

Au fil des ans, le ministère de l’Éducation a assoupli ses critères et permet maintenant aux écoles d’utiliser le financement de Québec pour acheter aussi des tablettes et des projecteurs.