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Une campagne de financement pour pédaler à Londres

Le cycliste Rémi Pelletier-Roy et ses coéquipiers amassent 15 000 $ pour assurer leur participation au championnat mondial en mars

Rémi Pelletier-Roy, lors des Jeux panaméricains de Toronto, en juillet 2015.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Rémi Pelletier-Roy, lors des Jeux panaméricains de Toronto, en juillet 2015.

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Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Rémi Pelletier-Roy et ses potes de l’équipe de poursuite ont fait une campagne de financement pour payer leur participation au championnat mondial de vélo sur piste qui aura lieu du 2 au 6 mars à Londres.

L’objectif des cinq cyclistes était d’amasser une somme de 15 000 $. À ce jour, le gros travail est fait puisque 113 personnes se sont engagées pour une somme de 12 515 $. Selon l’importance du don, les coureurs offraient une carte postale de Londres, un égoportrait, une sortie en vélo, un gilet signé ou une séance d’entraînement VIP.

«Ce n’est pas un modèle d’affaires qu’on pourra répéter, mais il fallait trouver une idée originale rapidement si on voulait aller au championnat mondial, a raconté le futur médecin. Ce n’est jamais l’idéal et ça frappe l’esprit des gens que chaque coureur doive dénicher une somme de 3000 $, mais notre entraînement n’a pas été affecté. Il faut voir du positif dans le négatif et cette campagne de financement a permis de consolider l’esprit d’équipe. Il faut choisir ses batailles.»

Top 8

Parce que le budget de Cyclisme Canada est limité, les coureurs avaient été prévenus des risques de se qualifier pour le mondial. «Parce que nous avions peu de chances de nous qualifier, les dirigeants nous avaient dit que tout le budget serait utilisé pour les trois étapes de la Coupe du monde, mais qu’on assumerait les frais pour le mondial si on se qualifiait. Le programme masculin en poursuite par équipe est bâti pour qu’on se qualifie pour les Jeux olympiques de 2020. Nous avons devancé les attentes en obtenant notre billet pour le mondial dès cette année.»

Quelles sont les chances du Canada au championnat mondial? «Un top 8 serait très bien et permettrait d’obtenir un meilleur financement pour le programme et de signer notre meilleur résultat, mais il est plus réaliste de penser terminer parmi les dix premiers. Ça va être un beau défi. Nous avons terminé en neuvième place à la Coupe du monde de la Nouvelle-Zélande, mais le niveau sera supérieur au mondial. Tous les pays enverront leur meilleure équipe.»

Améliorations

Même si Cyclisme Canada dispose de budgets restreints comme on peut le constater, Pelletier-Roy note néanmoins une amélioration.

«C’était épouvantable il y a deux ans. On n’avait pas d’entraîneur, on payait nos maillots et on devait débourser de 2000 $ à 3000 $ à chaque Coupe du monde. Toutes ces dépenses ont été payées par Cyclisme Canada cette année et nous avons deux maisons à notre disposition à Milton pour nos camps d’entraînement.»

Une croix sur les Jeux de Rio

Rémi Pelletier-Roy doit faire une croix sur son rêve olympique.

Le cycliste sur piste ne peut plus se qualifier pour les Jeux olympiques de Rio dans l’épreuve de l’Omnium. «Je vais rater ma qualification par une poignée de points, a-t-il confié. En raison de ma fracture à la clavicule en octobre et de mon absence dans les courses de qualification olympique au cours de la saison 2014 et au début de celle de 2015, j’étais en mode rattrapage et je n’étais pas assez bon pour combler l’écart à mes deux dernières courses. Je vais rater ma qualification par une ou deux positions.»

«Parce que je n’avais pas encore prouvé que j’avais des chances de me qualifier pour Rio avant ma médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth à Glasgow à l’été 2014, je n’ai pas obtenu l’occasion de participer aux épreuves de sélection olympique, a poursuivi le futur médecin qui amorcera son externat à l’automne. Quand j’ai fait mes débuts en Coupe du monde, je manquais d’expérience. Je me suis amélioré au fil des courses, mais j’étais dépassé par les événements lors de la première épreuve à Hong Kong.»

Terminer sur une bonne note

Opéré à la mi-octobre, Pelletier était de retour sur son vélo quatre semaines plus tard. «Je n’aurais pas pu faire plus vite. J’ai été opéré deux jours après avoir été blessé.» Pelletier-Roy s’est blessé après les championnats canadiens.

Malgré sa déception, Pelletier-Roy n’a pas hésité à accepter l’invitation d’encadrer les plus jeunes et de participer au championnat mondial à Londres. «Je voulais terminer sur une bonne note, a-t-il exprimé. Je donne un coup de main aux plus jeunes et j’aurai l’occasion de participer à mon premier championnat mondial. Il s’agira de ma dernière course à ce niveau. Un dernier tour de piste.»

«Après avoir appris la nouvelle il y a deux semaines qu’il serait impossible de me qualifier pour Rio, j’ai vécu une déception, mais j’ai retrouvé la motivation, a continué le quadruple champion canadien à l’Omnium. On a eu un bon camp à Milton, mon dernier en carrière sur piste.»