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Il vit «un rêve» dans son logement social

Martin Duval emménagera dans les prochaines semaines dans un logement social de Limoilou.
Photo Le Journal de Québec, Sophie Côté Martin Duval emménagera dans les prochaines semaines dans un logement social de Limoilou.

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Martin Duval, un citoyen de Québec, vit «un rêve»: il emménagera dans les prochaines semaines dans un logement social, dans Limoilou. «C’est vraiment un poids qui s’enlève de sur mes épaules. Il n'y a vraiment pas de mots pour décrire ça», raconte-t-il.

Ce sont des témoignages comme celui de M. Duval que la campagne de publicité nationale «L'habitation communautaire: On en a besoin maintenant!» lancée lundi par l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ) veut mettre en lumière. L’objectif? Mettre un visage humain sur les logements sociaux et communautaires, démontrer les bienfaits économiques et sociaux que rapportent les investissements dans ces logements et alerter le gouvernement sur l’urgence d’y injecter davantage d’argent.

«C’est un grand soulagement pour moi. Avoir un 3 et demi à la place d’un 1 et demi, être sûr qu’il n’y a pas de moisissures dans les murs, être bien traité, avoir un bon revenu. Je vais pouvoir bien m’alimenter, m’occuper de ma santé», se réjouit Martin Duval, qui vit de l’aide sociale, incapable de travailler parce qu'il souffre de la maladie de Crohn, une tumeur de l’hypophyse, et de sinusites chroniques.

«J’ai travaillé et habité dans des logements insalubres», souligne l’homme qui a réglé des problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie, appuyé par l’organisme PECH. «Je suis positif, je fais du bénévolat et je ne m’apitoie pas sur mon sort», dit-il fièrement.

Bernard Simard, résident d'un logement social rue Dorchester, pose fièrement à côté du pilier de l'organisme PECH, boulevard Charest, sur lequel il apparaît. «J'ai grandi depuis que je suis soutenu par PECH», lance le sexagénaire.
Photo Le Journal de Québec, Sophie Côté
Bernard Simard, résident d'un logement social rue Dorchester, pose fièrement à côté du pilier de l'organisme PECH, boulevard Charest, sur lequel il apparaît. «J'ai grandi depuis que je suis soutenu par PECH», lance le sexagénaire.

«Je survis beaucoup mieux qu’auparavant»

Bernard Simard, lui, vit dans un logement social rue Dorchester, à Québec, depuis maintenant trois ans. «Ça change tout!» affirme celui qui a vécu dans de nombreuses maisons de chambres insalubres au fil des ans.

«Ça pressait que j’aie un logement subventionné, avant de me retrouver à la rue. J’en avais ras le bol de l’autre logement. C’était juste si on ne patinait pas sur le plancher, tellement ce n’était pas chauffé», se souvient l’homme de 60 ans.

«Mon logement subventionné, ça m’aide à sortir de mon chez-nous. Mes hospitalisations sont beaucoup moindres, c’est plus facile de gérer mes idées morbides et suicidaires, explique le sexagénaire qui, aux prises avec des problèmes de santé mentale, fait beaucoup de bénévolat et avoue adorer cuisiner de petites sucreries. Maintenant, je survis beaucoup mieux qu’auparavant.»

Des projets arrêtés à Québec

Au Québec, 10 000 logements communautaires sont en attente de financement, et environ 1000 à Québec. Selon Action-Habitation, le manque de ressources financières a ralenti, voire arrêté plusieurs projets de logements sociaux à Québec dernièrement.

Le milieu souhaite, à l’aube du prochain budget provincial, que le gouvernement hausse ses investissements dans l’habitation communautaire.

«Depuis l’an dernier, le gouvernement a réduit de moitié les logements sociaux subventionnés, qui sont passés de 3000 à 1500 unités, et le financement pour la construction a été réduit aussi, explique la présidente, Edith Cyr. On espère au moins revenir au budget auquel on était, à 250 millions de dollars pour 3000 unités, et même un peu plus, considérant l'indexation au coût de la vie», indique-t-elle.

Lien pour voir les publicités vidéo de la campagne: http://onenabesoin.quebec/

QUELQUES CHIFFRES

À Québec:

  • Environ 1000 logements communautaires sont en attente de financement.
  • Environ 40 000 ménages locataires de la ville doivent consacrer au logement plus de 30 % de leur revenu. Parmi ceux-ci, 18 000 ménages doivent y consacrer plus de 50 % de leur revenu.


Au Québec:

  • Plus de 227 000 ménages locataires québécois doivent consacrer au logement plus de 50 % de leur revenu (source: Statistique Canada, Enquête nationale, 2011).
  • 10 000 logements communautaires sont en attente de financement.


Pour chaque dollar investi par le gouvernement dans l’habitation communautaire, 2,30 $ sont injectés dans l’économie du Québec (source: Société d’habitation du Québec).