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Les directeurs d’école veulent plus de marge de manœuvre

La lourdeur bureaucratique dans les commissions scolaires leur complique la vie

Classe, école
Photo Agence QMI / Archives

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Les directeurs d’école ont bien peu de marge de manœuvre dans leur école, déplore la fédération qui les représente. Certains sont incapables d’ajuster le chauffage ou encore de d’obtenir une clé supplémentaire, en raison des règles en place dans les commissions scolaires.

Certaines «aberrations» – Le Journal vous en présente cinq – pourraient être corrigées par le projet de loi 86, qui vise à donner davantage d’autonomie aux écoles, affirme la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

Cette association, qui représente la majorité des directions d’école, appuie ce projet de loi qui ne fait pas l’unanimité. Elle présentera sa position cet avant-midi en commission parlementaire.

Les exemples ci-bas démontrent «comment on s’est éloigné des besoins du terrain», affirme sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau. «L’école est dans un carcan, il y a un encadrement excessif», dit-elle.

Ces anecdotes concernent les ressources matérielles, mais la même «rigidité» existe lorsque vient le temps de donner des services aux élèves en psychologie ou en orthophonie par exemple, ajoute-t-elle.

Certaines commissions scolaires qui fonctionnent de façon plus décentralisée ont des «super bonnes pratiques de gestion» mais la rigidité dénoncée s’observe dans une majorité de commissions scolaires, précise Mme Normand-Charbonneau.

Le projet de loi 86, qui «énonce le rôle central de l’école» devrait permettre de «renverser la pyramide» afin de mettre les commissions scolaires au service des écoles et non l’inverse, espère la FQDE.

La Fédération des commissions scolaires a refusé de commenter les exemples ci-bas recensés par les directeurs d’école.

Cinq exemples de bureaucratie scolaire

1. Des écoles chauffées à distance

Dans plusieurs commissions scolaires, le chauffage des écoles est géré à distance au siège social. Constatant qu’il faisait froid dans une de ses classes, une directrice d’école a demandé à la commission scolaire de monter le chauffage dans ce local. On lui a refusé, parce que rien n’indiquait dans le système de contrôle qu’il y avait un problème de chauffage à cet endroit. Il a fallu qu’un employé de la commission scolaire se déplace quelques jours plus tard pour constater qu’il faisait bel et bien froid dans la classe, où l’enseignante et des élèves portaient leur manteau, pour que la commission scolaire accepte de corriger la situation.

2. Une facture de 0,14$ pour une vis

Une facture de 0,14$ a été envoyée dans une école par la commission scolaire, après qu’un de ses employés des ressources matérielles s’y est rendu pour réparer une penture de porte qui était défectueuse, parce qu’il manquait une vis.

3. Des urinoirs et comptoirs de salle de bain trop hauts

La commission scolaire a pris en charge la rénovation d’une salle de bain dans une école primaire, mais les urinoirs et les comptoirs de salle de bain qui y ont été installés sont trop haut pour les petits de maternelle et de première année qui les utilisent. Il a donc fallu ajouter des marche-pieds pour permettre aux enfants d’utiliser les nouveaux équipements.

4. Pas de clé pour la directrice

Une directrice s’est vue refuser la permission de faire faire une clé supplémentaire permettant de débarrer la porte principale de son école. Sa commission scolaire permet un maximum de deux clés par école, qui sont déjà utilisées par la responsable du service de garde et le concierge, qui est la personne désignée en cas d’urgence.

5. Une toilette bouchée pendant une semaine

Lorsqu’il y a un bris dans une école, impossible pour la direction de prendre les choses en main. Il faut plutôt remplir un formulaire de la commission scolaire pour faire une demande de réparation. Résultat : il s’est écoulé presqu’une semaine avant de déboucher une toilette dans une école qui en a seulement trois pour ses 350 élèves.