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Commissions scolaires: les DG craignent pour la réussite des élèves

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Les directeurs généraux des commissions scolaires craignent que le projet de loi 86 sur la gouvernance scolaire ne pose un danger pour la réussite des élèves.

«Nous appréhendons des impacts négatifs importants sur la performance du réseau en matière de réussite des élèves suite à la proposition de démantèlement du dispositif d'encadrement (...) associé aux conventions de gestion et de réussite éducative», a prévenu, ce matin, Raynald Thibault, président de l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires (ADIGECS).

Depuis 2010, le réseau scolaire québécois est engagé dans une stratégie visant à porter le niveau de réussite global à 80% d'ici 2020. Les conventions de gestions signées à cette fin par le ministère de l'Éducation et les commissions scolaires seraient éliminées si le projet de loi 86 devait être adopté. Ces contrats de performance seraient remplacés par des projets éducatifs propres à chaque école.

«Ces changements vont atténuer significativement les liens de subordination nécessaires à l'intervention directe de la direction générale à l'endroit de la direction des établissements», a dit M. Thibault, qui comparaissait devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi sur la gouvernance scolaire.

L'ADIGECS s'interroge sur la pertinence d'abolir les élections scolaires, comme le prévoit le projet de loi 86. «Il est légitime de se demander en quoi les conseils des commissaires actuels n'ont pas accompli leur mission. Depuis quelques années, le réseau a subi des turbulences sans précédents alors que, pour l'ensemble du Québec, les élèves réussissent mieux et persévèrent davantage», a signalé M. Thibault.

Entre 2008 et 2013, le taux de décrochage scolaire est passé de 23,3% à 17,8%, soutient l'ADIGECS.

De même, le réseau scolaire a su profiter du cadre législatif actuel pour réaliser «des avancées très importantes pour le plus grand bénéfice des élèves (...) De nombreuses initiatives ont contribué à améliorer de manière significative la réussite et la diplomation des élèves», soutient l'ADIGECS.

Le projet de loi 86 prévoit donner plus d'autonomie aux écoles. Les directeurs généraux des commissions scolaires y voient le danger de perdre leur autorité sur les directions d'écoles. «Par souci de cohérence, il faut conserver la relation d'autorité entre la direction générale et les directions d'écoles (...) Les modalités proposées risquent d'engendrer des dérives et des conflits d’intérêt et de loyauté au sein du groupe des directions (d'école)», prévient l'ADIGECS.

L'autorité des directeurs généraux serait déplacée vers le ministre de l'Éducation. Ce dernier pourrait demander à une commission scolaire de modifier son plan de réussite scolaire.