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30 jours de prison pour le policier aux textos haineux

Il a tenté de protéger un collègue d’un citoyen

Christophe Fortier
Photo Facebook Christophe Fortier

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ROUYN-NORANDA  |  Un policier de la Sûreté du Québec qui a écrit des textos haineux à l’endroit de son patron et de collègues a été condamné à 30 jours de prison dans la collectivité pour avoir tenté de protéger un ami.
L’agent Christophe Fortier, du poste de la SQ à Témiscaming, une petite ville située au Témiscamingue, a tout fait le 27 octobre 2012 pour empêcher le citoyen Mathieu Lemoy­ne de déposer une plainte criminelle contre son ami Nicolas Sheridan, qui était policier au poste de la communauté autochtone d’Eagle Village.
 
Ce dernier avait arrêté M. Lemoyne à la sortie d’un bar. Une violente dispute avait éclaté entre le policier et le détenu. 
 
M. Lemoyne avait voulu aller porter plainte contre le policier Sheridan au poste de la SQ le lendemain des événements.
 
À trois reprises, M. Lemoyne s’est présenté au poste de la SQ pour porter plainte, mais, chaque fois, le policier Fortier a refusé de la prendre, l’envoyant tour à tour au poste d’Eagle Village ou à l’hôpital, ou en lui demandant de porter plainte en déontologie policière plutôt qu’au criminel.
 
Pourtant, son patron, le lieutenant Pierre Auger, lui a dit à plusieurs reprises de prendre la plainte du citoyen comme l’exige sa fonction.
 
M. Fortier a été reconnu coupable de tentative d’entrave à la justice et il ne pourra plus jamais pratiquer son métier de policier. L’agent Sheridan a quant à lui été acquitté de voies de fait contre M. Lemoyne.
 
Textos haineux
 
Christophe Fortier et Nicolas Sheridan se sont échangé plusieurs textos haineux lors des événements.
 
M. Fortier affirme notamment avoir hâte que le lieutenant Auger finis­se sa carrière avec son arme de service. Il a aussi écrit qu’il allait suggérer à Mathieu Lemoyne de déménager la prochaine fois qu’il le verrait.
 
«Les gars des affaires internes méritent juste une affaire. Leur propre gun dans yeule, pis c’est eux qui poussent sur le trigger (gâchette)», a-t-il aussi écrit.
 
«Les propos irrespectueux et choquants échangés avec l’agent Sheridan relativement au lieutenant Auger et aux affaires internes, pour lesquels aucune excuse n’a été formulée, démontrent le manque de considération de l’accusé vis-à-vis de l’autorité et de ses supérieurs», a dit le juge Jacques Ladouceur. 

Textos

27 octobre 2014

Après que Christophe Fortier (C.F.) eut refusé de prendre la plainte contre Nicolas Sheridan (N.S.).

N.S. Pis un gros merci pour aujourd’hui en passant.

C.F. Rien là bro.

Pendant que Christophe Fortier rencontre le citoyen Mathieu Lemoyne

N.S. En passant, y’a pogné ma duty belt pis y m’a punché dans tête le fameux Mathieu Lemoyne. Criss de cave!

29 octobre 2014

Après avoir appris qu’une enquête sur eux était ouverte.

C.F. Criss de Pierre (Auger, lieutenant) à marde. Là moi j’ai ben hâte de voir kesser qui vont trouver contre moi.

N.S. C’est sûr que c’est Pierre. Ostie de crosseur. Y s’inquiète toujours de son cul à lui pis et s’en criss des gars sur la route.

C.F. Oui drette ça. Ça va être bon pour nous quand il va partir. (...) Le seul but de Pierre, c’est de traverser des gars. (...)

N.S. Je pense qui serait mieux de finir sa carrière aux affaires internes. Lol

C.F. Moi j’ai hâte qui finisse sa carrière avec son propre 9 mm.

À propos du citoyen Mathieu Lemoyne

N.S. Moi ça va, j’trouve ça pas mal fuck all qu’un p’tit criss qui frappe la police se tourne de bord pour aller faire des plaintes. J’tais plus à l’aise avec la déontologie qu’les affaires internes disons.

C.F. Prochaine fois que je le vois, m’a lui conseiller de déménager.

N.S. J’pensais justement lui donner le même conseil.

1er novembre 2014

C.F. Les gars des affaires internes méritent juste une affaire. Leur propre gun dans yeule pis c’est eux qui poussent sur le trigger (gachette). Je peux pas comprendre comment des flics se ramassent aux affaires internes. Honnêtement, ça doit être des outsider. Je m’excuse bro. Je comprends leur dynamique, mais criss que je f’rais pas leur job.