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Remplir sa garde-robe à petit prix

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Garnir chaque mois sa garde-robe de neuf nouveaux morceaux de vêtements pour le prix d’un seul, et ce, sans avoir à se rendre dans une multitude de boutiques: c’est ce que propose le site québécois de location Chic Marie, qui s’adresse autant à la femme d’affaires qu’à la fashionista.

Avocate de formation, Marie-Philip Simard menait jusqu’à l’an dernier une carrière à fond de train dans un grand bureau montréalais. Décorum oblige, elle déboursait des sommes considérables en tailleurs et vestons. «Quand tu paies 1000 $ un suit, après deux ou trois mois, tu en veux un autre. C’est de là qu’est venue l’idée», dit-elle.

L’«idée», c’est de permettre aux jeunes professionnelles qui entrent sur le marché du travail d’arborer un look chic sans se ruiner. Ainsi naissait en 2014 Chic Marie, entreprise de location de vêtements griffés, dont Marie-Philip Simard a notamment fait l’éloge lors de son passage à Dans l’œil du Dragon, l’an dernier.

«On vise les 25-34 ans, les filles qui sortent des études, qui n’ont pas nécessairement une fortune pour s’habiller, mais qui veulent être fashion, explique-t-elle. On trouve des produits de qualité, on regarde le tissu pour s’assurer qu’ils ne vont pas s’abîmer après deux ou trois fois.»

Fonctionnement

Le fonctionnement du site est simple. La cliente sélectionne jusqu’à trois articles en ligne. Ces derniers lui sont livrés dans une boîte, directement chez elle. «Au début, les gens hésitent un peu. Mais quand ils voient la boîte, ils ne seraient pas capables de dire combien de fois ça a été porté», assure l’entrepreneure, qui consacre toutes ses énergies à ce projet.Lorsque la cliente n’en veut plus, elle les réexpédie à l’entreprise. Les femmes peuvent conserver les pièces tant et aussi longtemps qu’elles acquittent les frais mensuels. Aucun contrat à court, moyen ou long terme n’est imposé.

« Casual »

À l’origine, les frais mensuels s’élevaient à 95 $. L’offre comprenait uniquement des vêtements griffés, confectionnés par des designers québécois et américains. Le mois dernier, Chic Marie lançait son forfait «casual» à 55 $. «Des tricots, des laines, des T-shirts, des robes, tout ce qui peut se mettre pour une soirée, un brunch ou la vie de tous les jours», illustre-t-elle.

Les consommatrices peuvent commander et retourner les boîtes à trois reprises par mois, pour un total de neuf pièces. «Ça ne revient pas cher le morceau! Et si quelqu’un tripe sur un morceau, tu peux l’acheter à rabais parce qu’il a déjà été porté. C’est, encore là, économique. Tu sauves en temps, en énergie, tu n’as plus besoin d’aller magasiner», lance-t-elle.

150 abonnées

À ce jour, 150 abonnées font les emplettes parmi l’une ou l’autre des 800 pièces en stock. Le contrecoup de cette popularité? Certains modèles ou certaines grandeurs ne sont pas toujours disponibles. Impossible de savoir lorsqu’elles le seront, puisqu’aucun délai n’est imposé aux clientes. «On manque un peu d’inventaire», reconnaît-elle.

Pour compenser toutefois, l’offre se renouvelle constamment. Les nouveaux achats sont effectués chaque mois par des stylistes. «Moi, je n’ai pas de goût!, lance-t-elle en riant. Les stylistes regardent les tendances et on est capable de voir ce que les clientes aiment ou n’aiment pas. Ça nous aide beaucoup à choisir ce qui va marcher.»

Notons que les coûts de livraison et de nettoyage sont aux frais de Chic Marie. «On les nettoie avec des produits bio, on a des couturières qui repassent dessus pour s’assurer que tout est bien cousu, qu’il n’y a pas de bouton qui est tombé. Des fois, ça roule vite. Il y a des morceaux qui arrivent le matin, passent au nettoyage et repartent le soir», poursuit-elle.

chicmarie.com

LE SAVIEZ-VOUS?

  • La consommatrice nord-américaine achète 64 morceaux de vêtements, accessoires, manteaux par année, pour une facture de 1700 $. Sur le lot, elle n’en porte que 22 % de façon récurrente.
  • Les femmes passent 100 heures par année à magasiner. Ceci correspond à 30 séances dans les boutiques !

Sources : OnePoll Survey et Bureau of Labor Statistics

 Voir grand

Marie-Philip Simard n’a pas laissé un emploi d’avocate corporative dans une grande firme pour faire les choses à moitié. La jeune femme d’affaires voit grand et loin pour Chic Marie. «On est vraiment à la limite. Bientôt on va croître», assure celle qui a des visées ailleurs au Canada et aux États-Unis. «Déjà, on livre en Ontario», précise-t-elle.

D’ici 2017, elle aimerait pouvoir ouvrir un second entrepôt dans le New Jersey pour desservir la clientèle américaine. Elle travaille aussi à automatiser son système, de manière à retracer facilement les différents morceaux de vêtements, à savoir s’ils sont en location, en déplacement, au nettoyage ou en réparation, par exemple.

Mme Simard aimerait de plus réussir à convaincre des commerces tels que H&M, Simons, Forever 21 ou Dynamite de se joindre à Chic Marie, afin d’offrir leurs vêtements en location. «On deviendrait un peu comme un centre d’achats», illustre-t-elle.