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Deux décennies de mode dans la capitale

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Du cœur, de l’ouvrage, une clientèle intéressée et des produits recherchés: voilà comment Patrick Montminy, avec ses boutiques locales Séraphin, Schü’z et Deux22, a su naviguer au travers des grandes surfaces et des centres commerciaux au cours des deux dernières décennies.

«Avec la compétition, l’exigence et le pouvoir d’achat des gens, si tu n’aimes pas ça, tu ne fais pas ça longtemps. C’est tellement pas facile», reconnaît sans hésiter Patrick Montminy, copropriétaire des trois commerces qui célébraient respectivement leur 20e, 10e et 1er anniversaire au début du mois.

Pour l’occasion, ses associés et lui ont organisé un grand événement mode dans une salle Multi de Méduse pleine à craquer. Sur scène, une poignée de mannequins de tous âges ont défilé avec aisance et plaisir, arborant les tendances printemps/été 2016 sous les regards intéressés de la foule. La soirée a été un succès sur toute la ligne.

Niché centre-ville

Reste qu’au quotidien, la donne est souvent toute autre. Séraphin et Schü’z, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, ainsi que la petite dernière, Deux22, dans St-Roch, s’adressent à un créneau niché au centre-ville, reconnaît M. Montminy. Difficile ainsi de faire concurrence aux Simons et H&M de ce monde.

«On sait que nos boutiques ne rejoignent pas la masse. On a des items pour la masse, mais elle se retrouve moins. Les gens sont curieux, mais pas assez», illustre-t-il. «C’est dur de vendre de la mode à Québec. La visibilité et les événements mode ne sont pas au maximum», ajoute-t-il.

Dans le paysage

Loin de vouloir s’apitoyer sur son sort ou faire la morale aux consommateurs, l’homme d’affaires souhaite plutôt rappeler l’importance des commerces indépendants pour une capitale comme Québec.

«Oui j’ai un volet affaires. Mais on a tendance à oublier le volet culturel de la chose, l’importance de la présence de belles boutiques sur la rue. C’est beau le commerce en ligne, les grandes surfaces et les centres d’achat, mais un moment donné, la beauté d’un centre-ville, sa représentativité, son tourisme, ça passe aussi un peu par nous autres. C’est essentiel», plaide-t-il.

Passion

M. Montminy tire son épingle du jeu grâce à la passion et au travail acharné de ses associés et collaborateurs, affirme-t-il. «Séraphin, ce n’est pas né d’un plan d’affaires, d’un bagage financier et d’objectifs. C’est né à coup d’émotions, de jus de bras, de voyages et d’amitiés. Si ce n’était pas de ça, ces commerces-là ne seraient pas là», assure-t-il.

Même son de cloche du côté de Schü’z et du Deux22, qui se sont présentés naturellement. Ce dernier – boutique de jour, resto-bar de soir – séduit d’ailleurs de par son concept inédit. «Il n’y en a pas beaucoup comme ça dans la vie. Tout le monde me demande où j’ai vu le concept. La réponse ? Nulle part. Ça existe sûrement ailleurs, mais on a le droit de penser et d’avoir des idées dans la vie. On est quand même très novateur», termine-t-il.

* boutiqueseraphin.com * schuz.ca * deux22.com

Assumer son look!

Quoi porter ce printemps? À en croire Patrick Montminy, la tendance actuelle réside dans la capacité d’assumer pleinement son look.

«Le gros truc d’évolution de la mode dans les 20 dernières années, c’est la diversité. Avant, tu avais le fluo à fond, le skinny, le lousse, le ci, le ça. Aujourd’hui, que tu soies habillé en black & white, en coloré, en hyper minimaliste, 100 % jeans, que tu ailles 26 couches méga oversize, que tu soies dans un saucisson: tu es tout le temps beau et belle si tu assumes ce que tu fais», dit-il.

C’est basé sur cet état d’esprit que Séraphin, Schü’z et Deux22 opèrent, assure-t-il. «C’est ça qu’on vend et c’est ça qu’on offre au monde», commente M. Montminy, qui propose les lignes de Levi’s, Jack & Jones, Mink Pink, Nümph et Adidas, pour ne nommer que celles-là.

«Séraphin, on habille plein de monde de 18-25 ans, on habille beaucoup de 35-45 et quasiment autant de 60-70! Ils ont envie de vivre notre expérience et notre bagage. Deux22, on va se permettre des affaires qu’on ne se permettrait peut-être pas chez Séraphin. Un peu plus edgy, plus exclusif, moins de quantité», résume-t-il.