/world/america
Navigation

Ils menaient une vie de rêve en Équateur

Deux membres d’une famille québécoise ont péri durant le violent séisme samedi

Coup d'oeil sur cet article

Une famille québécoise qui menait une vie de rêve en Équateur depuis septembre a été décimée par le terrible séisme qui a sévi samedi soir. Triste coup du destin, les victimes, une mère et son fils, discutaient avec leur famille établie au Québec lorsque leur appartement s’est effondré.

Jennifer Mawn, 37 ans, et son fils de 12 ans, Arthur Laflamme, sont décédés après le tremblement de terre qui a toutefois épargné le père de famille, Pascal Laflamme, et la jeune Laurie-Ann. Ces derniers s’en sont sortis avec des blessures mineures.

Courtoisie

Le père de Pascal, Réal Laflamme, discutait en direct avec ses proches sur Facetime quand le séisme a frappé. «Ça a commencé à trembler et Pascal a crié. Je n’ai pas compris quoi, mais ça a coupé. [...] C’était intenable. J’ai tenté de communiquer avec tous ses courriels, les deux numéros de téléphone que j’avais et il n’y avait rien qui répondait», a confié l’homme en deuil qui a parlé à son fils quelques heures après les événements.

 

Pascal Laflamme et son garçon
Courtoisie
Pascal Laflamme et son garçon

Plus de 200 victimes

M. Laflamme a raconté les derniers moments des siens avant que le séisme d’une magnitude de 7,8 ne frappe. «Jennifer était à ses côtés et on voyait Laurie-Ann à l’arrière. Son fils jouait avec ses jeux dans sa chambre ou dans le salon.» Les deux membres de la petite famille se retrouvent aujourd’hui parmi les 246 victimes dénombrées au moment de mettre sous presse. Il s’agit du tremblement de terre le plus violent à frapper le pays depuis 40 ans.

Selon le père de Pascal Laflamme, le jeune Arthur serait mort sur le coup du séisme. «Sa sœur l’a vu par terre. Le plafond lui est tombé sur la tête. Elle a essayé de lui parler, mais il ne respirait plus», raconte l’homme rongé par l’émotion. La petite aurait par la suite entendu sa mère crier, rien ne pouvant être fait pour secourir la femme de 37 ans.

 

Pascal Laflamme et sa famille
Courtoisie
Pascal Laflamme et sa famille

De véritables globe-trotters

Les Mawn-Laflamme ne vivaient plus au Québec depuis plus de 8 ans. Véritable globe-trotter, la famille avait parcouru les quatre coins de la planète durant plusieurs années avant de finalement s’établir en Équateur en septembre. Les membres de cette famille ont notamment habité en Europe et ensuite aux îles Maurice et aux îles de la Réunion avant de mettre le cap sur l’Amérique du Sud.

Ils s’y seraient rendus pour le travail de Pascal Laflamme, qui confiait il y a quelques jours sur les réseaux sociaux à quel point la famille était heureuse. L’homme occupe le poste de directeur du marketing d’un important projet immobilier, Las Olas Ecuador, érigé à moins d’une heure de Manta, ville ravagée par le séisme qui a aussi fait plus de 2500 blessés. Jennifer Mawn était quant à elle neuropsychologue et avait fondé une clinique spécialisée sur la Rive-Sud de Montréal avant de partir découvrir le monde avec les siens.

— Avec la collaboration de Maxime Landry, TVA Nouvelles


Un pays de plus en plus couru par les Québécois

De plus en plus de ressortissants canadiens s’établissent en Équateur depuis quelques années, en se procurant des maisons ou condos près de la côte. 
 
«C’est un pays qui attire beaucoup. À l’avenir, ça pourrait devenir un prochain Costa Rica», explique Yves Cormier, copropriétaire de Hola Ecuador, un projet immobilier destiné aux Canadiens qui désirent vivre dans ce climat exceptionnel. Le complexe est situé à une cinquantaine de kilomètres de Manta, durement touchée par le séisme, ville que le président du pays, Rafael Correa, a d’ailleurs visitée hier soir.
 
Important développement
 
Le promoteur explique qu’environ 170 maisons sur les 1000 prévues sont actuellement terminées, mais qu’en raison de la fin de saison, entre 50 et 100 personnes seulement se trouvaient sur son site au moment du séisme. «Les gens ont eu peur, mais personne n’est blessé», rassure l’homme d’affaires québécois.
 
Ce dernier explique que le pays s’est tourné vers le tourisme il y a quelques années et qu’il est rapidement devenu une destination de choix pour les Québécois. Il ne craint pas une baisse du marché en raison du séisme. «On a eu la preuve que nos maisons antisismiques résistent bien. Ça se gère bien si c’est bien construit, ce qui n’était pas le cas dans les villages autour (où l’on dénombre de nombreuses victimes)», souligne M. Cormier.
 
Heures d’angoisse
 
Mariaca Correa est une Équatorienne installée au Québec depuis 11 ans. Elle a vécu de longues heures d’angoisse avant d’avoir la confirmation que sa famille était saine et sauve. «Il n’y avait aucune communication. Des gens manquaient d’abord à l’appel, mais ont été rapidement retrouvés», explique la dame originaire de Guayaquil, une ville située à une centaine de kilomètres de la côte.
 
Elle et son mari, Olivier Caron, sont revenus récemment d’un voyage de deux semaines en Équateur. Ils étaient toujours sous le choc au lendemain de la tragédie. «Ça nous touche parce qu’on a rencontré des gens là-bas, nous avons vu ces lieux-là», explique M. Caron, qui a noté avoir fait le voyage vers l’Équateur avec de nombreux Québécois.
 

DÉVASTATEUR

  • Épicentre dans la province de Manabi (côte pacifique)
  • Magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter
  • Plus importante secousse depuis 1979
  • 189 répliques enregistrées après la secousse initiale
  • Au moins 246 morts
  • Plus de 2500 blessés

Ce qu’ils ont dit

«Nous pensions avoir ces amis pour toujours. Malheureusement, la vie en a décidé autrement. Jennifer et Arthur, vous êtes partis beaucoup trop tôt. Veillez l’un sur l’autre là-haut. Pascal et Laurie-Ann, on vous aime tellement!»
 
— Isabelle Fortin, amie de la famille présentement en Équateur:
 
«L’étendue des dommages en Équateur est désolante. Mes condoléances aux familles de ceux qui ont perdu la vie, dont deux Canadiens.»
 
— Justin Trudeau, premier ministre du Canada:
 
«Mes condoléances à la famille et aux proches des victimes. Nos pensées vous accompagnent dans cette épreuve.»
 
— Philippe Couillard, premier ministre du Québec:
 
«Les responsables canadiens à notre ambassade de Quito sont à joindre les citoyens canadiens qui sont dans ce pays et fournissent une aide aux Canadiens touchés par le séisme.»
 
— Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères: