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Intégration des élèves en difficulté: les profs et les élèves écopent, affirme une étude

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En plus d’alourdir le quotidien des enseignants, l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières se fait sans les services adéquats, au détriment des autres élèves, selon une étude rendue publique mardi.

Cette étude, dirigée par l’équipe du professeur Gérald Boutin de l’UQAM, a été réalisée auprès de 275 enseignants, répartis dans neuf commissions scolaires. Elle a été financée par la Fédération autonome de l’enseignement, une fédération syndicale qui représente 34 000 enseignants.

Dans un rapport étoffé, l’équipe du professeur Boutin trace un portrait sombre de l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, qui s’est accentuée depuis une quinzaine d’années dans les écoles québécoises.

«Ce sont autant les élèves en difficulté que les élèves sans besoins particuliers qui y perdent au change», peut-on lire.

La majorité des enseignants interrogés considèrent que les moyens disponibles ne sont pas suffisants pour bien intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulières. Par ailleurs, les efforts d’intégration se font au détriment des autres élèves, selon les profs (voir plus bas).

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation, le réseau scolaire compte environ 20 % d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). De ce nombre, 69 % sont intégrés dans des classes régulières, un record.
 
Faits saillants
 
68 % des enseignants affirment que les moyens disponibles ne sont pas suffisants pour leur permettre de bien intégrer les élèves dans les classes régulières
 
60 % des enseignants croient que les efforts pour intégrer les élèves en difficulté se font au détriment des élèves réguliers
 
59 % estiment que le rythme d’apprentissage n’est pas respecté dans une classe ordinaire où l’on intègre des élèves en difficulté
 
Environ la moitié des enseignants estiment que les moyens mis en place pour intégrer les élèves en difficulté dans les classes ordinaires sont inefficaces
 
65 % des enseignants affirment ne pas obtenir les services à temps pour intervenir auprès des élèves
 
Environ la moitié des profs interrogés considèrent que les élèves en difficulté ne s’adaptent pas bien dans une classe régulière.
 
62 % des enseignants estiment qu’ils n’ont pas l’expertise nécessaire pour intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulières.
 
Source: L’intégration scolaire telle que vécue par des enseignants dans des écoles du Québec (ISVEQ)
 

Qui sont les élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (EHDAA)?
 

Élève handicapé

-       Déficience visuelle, auditive ou motrice
-       Déficience langagière
-       Déficience intellectuelle moyenne à grave
-       Trouble du spectre de l’autisme
-       Trouble relevant de la psychopathologie
 
Élèves en difficulté d’apprentissage

-       Troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie et dyscalculie)
-       Déficience intellectuelle légère
 
Élèves en difficulté d’adaptation

-       Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité
-       Troubles du comportement