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Les femmes ont une perception plus juste de leur poids que les hommes

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Un peu plus d’une Québécoise sur dix surestime son poids, alors qu’à l’inverse, les hommes se perçoivent généralement plus minces qu’ils ne le sont en réalité.

«Les femmes ont plus tendance à avoir une perception juste de leur poids. Parce qu’elles sont plus préoccupées par leur poids, elles utilisent plus le pèse-personne et surveillent davantage leur alimentation», signale la chercheuse Marie-Claude Paquette, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec.

Mme Paquette et sa collègue Patricia Lamontagne se sont servies de l’enquête sur la santé de la population québécoise de 2008 afin de faire des analyses plus poussées sur la façon dont les gens perçoivent leur poids.

Elles ont en outre constaté que le tiers des Québécoises qui surestiment leur poids a rapporté un niveau de détresse élevé pouvant prendre la forme de symptômes anxieux, de dépression, voire d’isolement social.

Mythe déboulonné

Des femmes de tous âges, adolescentes et femmes d’âge mûr, sont soucieuses de leur poids. «Cela déboulonne le mythe selon lequel les femmes s’acceptent mieux en vieillissant.»

«On baigne dans une soupe socioculturelle. La première chose qu’on demande quand un bébé naît, c’est son poids! Les idéaux de beauté proposés dans les médias font en sorte qu’on a tendance à oublier ce qu’est une femme de poids normal», souligne Mme Paquette, en marge de l’événement Les femmes et la santé, qui se tient cette semaine à l’Université Laval.

Charte méconnue

Selon la chercheuse, la Charte québécoise pour l’image corporelle saine et diversifiée est encore méconnue, bien que plusieurs actions concrètes aient été mises sur pied dans les magazines et les agences de presse.

«Des designers locaux ont signé la charte et encouragent la diversité. Cela s’inscrit dans un mouvement international amorcé il y a une dizaine d’années, à la suite de décès survenus chez des mannequins présentant une maigreur extrême. Beaucoup de pays ont mis en place des dispositions pour contrer ce phénomène», montre Mme Paquette.

Le surpoids est par ailleurs encore en croissance, au Québec. Il a fallu des décennies pour que les messages de prévention sur le tabac aient un impact durable. C’est la même chose pour le poids, note-t-elle.