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Des examens de fin d’année à l’écran

Québec veut lancer des épreuves sur ordinateur, mais tarde à le faire, selon un expert

Des projets-pilotes similaires à celui que le gouvernement du Québec veut lancer se déroulent déjà ailleurs au pays.
photo d’archives Des projets-pilotes similaires à celui que le gouvernement du Québec veut lancer se déroulent déjà ailleurs au pays.

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L’an prochain, des élèves de cinquième secondaire pourraient passer leurs examens ministériels de fin d’année à l’écran plutôt que sur papier, dans le cadre d’un projet-pilote réalisé par le ministère de l’Éducation. Un expert déplore toutefois la lenteur de Québec à ce chapitre.

Le ministère de l’Éducation a lancé cet automne un appel aux commissions scolaires et aux écoles privées afin de recruter des établissements souhaitant participer volontairement à ce projet. L’épreuve visée est celle de français de cinquième secondaire.

«L’objectif du Ministère est d’abord de mener des expérimentations pour être en mesure d’évaluer les avantages et les effets d’une passation d’épreuves en ligne en contexte d’épreuves ministérielles», a expliqué par courriel le porte-parole du ministère, Bryan St-Louis.

Des projets-pilotes similaires se déroulent déjà dans d’autres provinces ou pays et vont «de pair avec la présence grandissante du numérique dans la vie scolaire, professionnelle et sociale», ajoute-t-il.

L’échéancier n’est pas encore finalisé. Aucun examen numérique ne sera toutefois testé d’ici la fin de l’année scolaire.

Le Québec en retard

Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation, déplore la lenteur de ce projet-pilote. Les écoles qui ont démontré de l’intérêt pour cette expérimentation n’ont même pas été recontactées par la suite, affirme-t-il.

À ce rythme, il peut s’écouler encore plusieurs années avant que tous les élèves du Québec qui ont accès à un ordinateur ou une tablette fassent leur examen à l’écran, fait remarquer ce professeur de l’Université de Montréal.

«À cette vitesse-là, on va avoir un retard numérique majeur. C’est déjà presque la norme ailleurs d’avoir des épreuves numériques. On est grandement en retard.»

Dérogations

Au Canada, l’Alberta est particulièrement avancée à ce chapitre, précise-t-il.

Le ministère de l’Éducation accorde par ailleurs depuis quatre ans des dérogations permettant à des élèves d’utiliser l’application Antidote Ardoise sur leur tablette pendant la rédaction de leur examen de français de deuxième ou de cinquième secondaire, à condition que l’accès à internet soit verrouillé. L’an dernier, 14 écoles en ont fait la demande, dont le Juvénat Notre-Dame à Lévis.

L’exemple de l’Alberta

En Alberta, les projets-pilotes permettant aux élèves de faire leurs examens ministériels à l’écran ont débuté en 2014. L’objectif est de permettre à tous les élèves qui le souhaitent de passer leurs examens sur ordinateur d’ici 2017. Ceux qui préfèrent continuer à utiliser le papier et le crayon seront libres de le faire.

Épreuves ministérielles en quatrième et cinquième secondaires au Québec

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