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Le PQ court à sa perte avec un référendum, estime Lisée

Jean-François Lisée
Photo d'archives Jean-François Lisée

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Le Parti québécois court à sa perte s’il propose un référendum lors des prochaines élections, estime Jean-François Lisée.

«Ma prévision, elle est simple. Si on s’entête à proposer un référendum dans le premier mandat, nous serons le troisième parti au Québec en 2018. Les libéraux ou la CAQ auront gagné. Nous serons le troisième parti. On se sera marginalisé et ce sera très dur pour la suite», a lancé le candidat à la direction du PQ lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale mardi.

M. Lisée s’en est pris au «flair» de son adversaire Alexandre Cloutier, qui n’arrive pas à «sentir cette tendance lourde». «Il faut savoir sentir ça, et ça sent très très fort», a laissé tomber M. Lisée.

Un sondage SOM-Cogeco Nouvelles publié lundi indique que seulement 13 % des répondants souhaitent un référendum dans un premier mandat péquiste. Ce coup de sonde révèle aussi que les deux tiers des Québécois ne croient pas que le PQ doit s’engager à tenir une consultation populaire. Même chez les électeurs du PQ, une personne sur deux estime que ce serait une mauvaise idée.

Ces résultats ont été balayés par le candidat Cloutier. «Ma conviction de faire du Québec un pays n’est pas basée sur les sondages, mais sur des études sérieuses et rigoureuses et sur la participation des militants», a-t-il dit lundi.

Pour M. Lisée, il s’agit d’une erreur. «Je ne doute pas de la qualité de son flair, et les sondages, ça va, ça vient, mais il existe quelque chose qui s’appelle une tendance lourde», a-t-il rétorqué. Ces sondages «ne font que confirmer et amplifier le message que les Québécois nous envoient, y compris les électeurs péquistes», a ajouté l’aspirant-chef.

Jean-François Lisée estime que «le poison» du référendum s’est infiltré depuis 1998 et le phénomène ne fait que s’amplifier. «Je l’entends. Les gens, déjà en 2012 et 2014 [...] les électeurs se sont détournés de nous, ont préféré des équipes moins bonnes avec des moins bonnes idées juste à cause du référendum», analyse-t-il.

Il croit qu’un bon leader doit «respecter» ce sentiment populaire partagé par la moitié des électeurs péquistes, qui disent «qu’ils vont être moins enclins à voter PQ si on leur offre un référendum dans un premier mandat». «Ça, c’est parce que la moutarde leur monte au nez à eux, nos électeurs, des gens qui sont indépendantistes», a ajouté M. Lisée. «Les Québécois nous le disent tellement fort que c’est respectueux de les écouter», a-t-il soutenu.

Jean-François Lisée lancera officiellement sa campagne le 26 juin à Thetford Mines, la ville où il est né. L’intellectuel veut montrer à la population qu’il «a déjà travaillé dans une mine d’amiante» et qu’il vient d’une famille d’entrepreneurs. «C’est le message que je veux envoyer», a-t-il affirmé.