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Québec recule et offre une chance à Uber

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Juste à temps pour la fin de session, le gouvernement a finalement trouvé un compromis pour protéger l’industrie du taxi tout en offrant une chance à Uber de poursuivre ses activités au Québec, au moins pour l’été.

Après avoir signifié aux jeunes libéraux, le mois dernier, qu’il ne «retournerait pas à la table à dessin, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a finalement déposé, mardi, une proposition d’amendement au projet de loi 100 sur l’industrie du taxi.

Si la modification est acceptée, Uber disposera de 90 jours après l’adoption du projet de loi pour s’entendre avec le gouvernement sur les modalités d’un projet pilote.

Québec mise sur ce compromis afin d’assurer l’adoption de son projet de loi avant la pause estivale. «Il faudrait qu’il soit adopté cette semaine», a dit M. Daoust.

«Ce n’est pas compliqué, ce qu’on veut simplement, c’est se donner une chance d’être innovant, de faire face à cette réalité-là du 21e siècle», a expliqué le ministre des Transports, Jacques Daoust, qui ouvre maintenant la porte à une certaine «flexibilité» sur la question des permis taxi que Québec veut imposer à Uber.
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
«Ce n’est pas compliqué, ce qu’on veut simplement, c’est se donner une chance d’être innovant, de faire face à cette réalité-là du 21e siècle», a expliqué le ministre des Transports, Jacques Daoust, qui ouvre maintenant la porte à une certaine «flexibilité» sur la question des permis taxi que Québec veut imposer à Uber.

Quasi-consensus

À la grande satisfaction du ministre, la proposition fait consensus tant du côté d’Uber que de l’industrie du taxi, du Parti québécois et de Québec solidaire.

Il reste maintenant à voir si la Coalition avenir Québec, qui s’oppose fermement au projet de loi, mettra aussi de l’eau dans son vin.

«Analyser un projet de loi aussi important en quatre jours, là, c'est impensable», a dit François Legault, avant le dépôt de l'amendement.

Qualifiant la proposition de «premier gain», la CAQ a plus tard réclamé une rencontre avec le ministre Daoust et le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

Fait inusité, «si le gouvernement en vient à un bâillon, le gouvernement peut compter sur notre collaboration entière et totale», a déclaré le député de Québec solidaire, Amir Khadir. La députée péquiste Martine Ouellet, qui participait au même point de presse, a dit plutôt miser sur la collaboration de la CAQ.

«C’est un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, a réagi Guy Chevrette, qui représente l’industrie du taxi. [...] On a accepté parce que sinon, on n’avait pas de loi et ça nous menait au mois de septembre ou octobre pour en rediscuter et peut-être l’avoir pour décembre.»

Uber continuera d’opérer cet été

L’industrie réclame en retour qu’Uber suspende ses activités le temps de définir le projet pilote, comme la multinationale l’avait promis en commission parlementaire, il y a quelques semaines.

Mais, au grand dam des chauffeurs de taxi, «il a été convenu que Uber poursuivrait ses activités durant les discussions concernant le projet pilote», a fait savoir le porte-parole d’Uber, Jean-Christophe de Le Rue.

Menace de perturbations

À la question à savoir si la menace de perturbations du Grand Prix de Formule 1 de Montréal lancée la veille demeurait, dans l’hypothèse où le projet de loi ne serait pas adopté vendredi, un autre porte-parole de l’industrie, Benoît Jugand, du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, a répondu: «on a choisi la paix sociale».

«C’est certain qu’on souhaite que la loi soit adoptée. On ne veut pas que personne perturbe l’événement qu’est le Grand Prix de Montréal», a indiqué la ministre du Tourisme, Julie Boulet.


Le projet de loi 100 sur l’industrie du taxi

Selon la version déposée le 12 mai dernier:

- Interdit officiellement le modèle Uber X, considéré comme du taxi illégal
- Donne au gouvernement le pouvoir de saisir les voitures des contrevenants
- Prévoit la possibilité de suspendre des permis et fixe des amendes pouvant atteindre 25 000 $
- Oblige les chauffeurs d’Uber d’avoir une licence de taxi, un permis de conduire de classe 4C et de réussir un cours de 150 heures

Avec l’amendement déposé mardi:

- Suivant la sanction de la loi, après son adoption par l’Assemblée nationale, Uber et le gouvernement disposeraient de 90 jours pour s’entendre sur un projet pilote.
- Le gouvernement réclame qu’Uber paie ses taxes et impôts au Québec
- Québec accepte de négocier avec Uber sur l’obligation de payer pour des permis de taxi
- Après les 90 jours, toutes les modalités prévues au projet de loi s’appliquent