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Gordie : que de souvenirs!

Au fil des ans, Gordie Howe est devenu un ami de Jean Béliveau.
photo d’archives Au fil des ans, Gordie Howe est devenu un ami de Jean Béliveau.

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Le décès de Gordie Howe m’a profondément touché. Je connaissais l’homme. Je connaissais le hockeyeur.

J’ai été privilégié d’avoir côtoyé ce grand athlète au cours de mes années dans le hockey, particulièrement à l’époque où je dirigeais les Red Wings de Detroit. Gordie venait à l’aréna et il adorait jaser avec les joueurs... Et il s’arrêtait très souvent à mon bureau.

Il tenait toujours à me remercier de l’avoir invité à participer au match des étoiles présenté à Detroit en 1980. Cette année-là, j’avais quitté le Canadien pour Buffalo, mais comme nous avions gagné la coupe Stanley au printemps de 1979, j’étais l’entraîneur de l’équipe d’étoiles de l’Association de l’Est. Chaque équipe devait être représentée et j’avais sélectionné Gordie, qui évoluait avec les Whalers de Hartford. Une sélection qui avait fait jaser parce que Blaine Stoughton connaissait une saison de rêve avec les Whalers.

Mais, le retour de Gordie à Detroit, c’était naturel. Il avait fait une passe à Réal Cloutier pour le but de la victoire. Le public de Detroit lui réserva une ovation de huit à neuf minutes.

Quand j’étais enfant, j’aimais aller au Forum pour assister à ces matchs entre le Canadien et les Red Wings. Il y avait toujours de la tension dans l’air quand Gordie Howe et Maurice Richard s’affrontaient. C’était magique. On m’a souvent demandé qui était le meilleur: le Rocket ou Mr. Hockey. Je répondais toujours que les deux hommes avaient de grandes qualités, qu’ils s’exprimaient à l’intérieur de grandes équipes et qu’ils pratiquaient un style bien différent.

Mais chacun exerçait un impact majeur au sein de son groupe.

Gordie Howe était un joueur imposant, puissant. Le Rocket était spectaculaire, poussé par une détermination sans limi­tes.

À l’extérieur de la patinoire, Gordie Howe était un homme chaleureux et je dois dire que Jean Béliveau, au fil des ans, était devenu un ami personnel de Gordie, qui vouait une admiration sans bornes au grand Jean et au Rocket. D’ailleurs, Gordie et Jean avaient le même agent, Gerry Patterson, et ils étaient les porte-parole de Sears Canada.

Quand un patineur parvient à se maintenir parmi les cinq meilleurs pointeurs pendant 20 saisons, il s’agit d’une marque qui ne sera jamais améliorée, c’est impossible.

Histoire du Dr finley

Je n’oublierai jamais une histoire que m’avait racontée le Dr Jack Finley, attaché aux Red Wings. Le Dr Finley se joignit aux Wings au début des années 1960. Un soir, Gordie Howe avait reçu un coup vicieux de la part d’un adversaire. Il était coupé au visa­ge et devait rentrer au vestiaire. À l’époque, il n’y avait pas d’infirmerie.

Lorsque le Dr Finley l’avisa qu’il devait faire des points de suture, Gordie lui deman­da de faire vite, il ne voulait pas rater trop de présence sur la patinoire. Il dit au docteur de ne pas utiliser de gants, de procéder le plus rapidement possible. Et il le prévint de ne pas trop s’éloigner.

Pourquoi? lui demanda le Dr Finley.

Et Gordie de répondre: parce que celui qui m’a blessé, eh bien vous avez des chances de le voir dans très peu de temps.

Le hockey a perdu un grand ambassadeur, un joueur qui aurait pu écrire plusieurs chapitres de l’histoire du hockey et un homme généreux.

Tout repose sur Jones

Pourra-t-il répéter son impressionnante performance de jeudi dernier?

Si oui, il y aura un septième match à Pittsburgh, mercredi.

Martin Jones a contrecarré les plans des Penguins. Il a été magistral devant son filet parce que la meilleure équipe sur la patinoire, ce furent les Penguins. À vrai dire, même s’ils ont gagné, les Sharks ne m’ont pas tellement impressionné.

Mais voilà que Jones modifie la donne. Maintenant, de retour à San Jose, les Sharks croient qu’ils peuvent pousser la série à la limite. Comment réagiront-ils ce soir? Comment réagira Jones?

Voilà deux questions qui auront une réponse dans quelques heures.

Pas d’inquiétude

Du côté des Penguins, il n’y a pas d’inquiétude. Du moins jusqu’à maintenant, ils ont exercé une domination sur leurs rivaux. Ils devraient être en mesure de poursuivre sur leur lancée, ils devraient jouer avec la même détermination et le même entrain.

Ils ont trois bons trios et le problème pour Peter DeBoer, c’est l’utilisation de ses défenseurs.

Parce qu’on ne se racontera pas d’histoire. Joe Thornton ne peut pas évoluer contre Sidney Crosby. Le bon vieux Joe n’a pas autant d’espace, chaque match exige un effort considérable et, à 36 ans, ce n’est pas évident. L’important pour les Sharks, ce sont les défenseurs... et bien sûr, Jones.

Peut-il jouer avec autant de brio, ce soir?

A-t-il vraiment le choix?

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que cette série ira à la limite. Je crois que les Sharks seront inspirés par la foule de San Jose...