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À peine 2,17$ par repas en CHSLD

Difficile de concocter des menus nutritifs et diversifiés

Des citoyennes de Québec se sont notamment rendues au bureau du ministre François Blais, mercredi, afin de remettre à son représentant de bureau des pommes de terre en poudre que l’on sert dans certains CHSLD.
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE Des citoyennes de Québec se sont notamment rendues au bureau du ministre François Blais, mercredi, afin de remettre à son représentant de bureau des pommes de terre en poudre que l’on sert dans certains CHSLD.

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Alors que le prix des aliments monte en flèche, les CHSLD disposent d’à peine 2,17 $ par repas servi aux résidents âgés. «C’est moins qu’un café acheté au coin de la rue», constate la présidente de l’Ordre des diététistes du Québec, Paule Bernier.

«Les établissements ont des budgets trop serrés, de sorte qu’il est difficile d’offrir des repas nutritifs, diversifiés et adaptés à la clientèle. Les nutritionnistes font de petits miracles pour élaborer des menus qui respectent le cadre de référence ministériel. On a beau faire des achats de groupe, c’est vraiment ardu», soulève Mme Bernier.

Depuis 1993, l’Ordre a suivi les données sur les sommes consacrées aux repas en CHSLD. «Le montant alloué pour chaque repas devrait dépasser 3,05 $ [coût des aliments uniquement], en tenant compte uniquement de l’indexation», observe-t-elle.

Mercredi, une dizaine de citoyennes de Québec ont distribué des pommes de terre en poudre aux députés de la Capitale-Nationale, afin de dénoncer le fait que des CHSLD servent ces produits aux aînés, avec l’approbation du gouvernement.

Plaisir de manger

Mme Bernier ne souhaite pas se prononcer sur la valeur nutritive des pommes de terre déshydratées, mais elle rappelle que les personnes âgées en hébergement doivent trouver plaisir à manger.

«On doit leur offrir autre chose que juste des nutriments. Il faut des aliments agréables. Si tout goûte la même chose, c’est peu intéressant. En vieillissant, l’appétit s’amenuise; cela prend des couleurs, des textures, des goûts qui stimulent l’appétit», opine-t-elle.

Malgré les recommandations du vérificateur général du Québec, en 2011, le dépistage systématique de la dénutrition des personnes âgées n’est toujours pas en place dans les centres de courte et de longue durée, déplore Mme Bernier.