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Sera-t-il bientôt interdit d'enterrer son animal dans la cour des maisons de L'Ancienne-Lorette?

​Le maire Émile Loranger envisage d’interdire l’inhumation des animaux domestiques sur les terrains privés. Une infraction au règlement sur les nuisances est passible d’une amende minimale de 750 $.
Photo d'archives, Le Journal de Québec, Simon Clark ​Le maire Émile Loranger envisage d’interdire l’inhumation des animaux domestiques sur les terrains privés. Une infraction au règlement sur les nuisances est passible d’une amende minimale de 750 $.

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La Ville de L’Ancienne-Lorette songe à interdire aux citoyens sur son territoire d’enterrer la dépouille d’un chat ou d’un chien dans la cour arrière d’une résidence.

Le maire Émile Loranger a indiqué clairement ses intentions dans une capsule web il y a quelques jours, avant la séance du conseil de mardi soir.

«On a eu vent que lorsqu’un chien ou chat décède, on se débarrasse de la carcasse en faisant un enfouissement, une inhumation dans la cour, ce qui peut, dans certains cas, créer des problèmes de vermine. Il sera dorénavant interdit d’enterrer son chien et son chat dans la cour», avait-il laissé entendre.

D’autres options envisagées

Les questions posées par Le Journal, mardi, l’ont toutefois poussé à reconsidérer sa décision. L’avis de motion qui devait être adopté en soirée a été retiré de l’ordre du jour.

«On va fouiller le dossier davantage et regarder d’autres options», a indiqué en après-midi la chef de cabinet du maire, Marie-Ève Lemay. Impossible de savoir à quel moment le dossier refera surface.

Plus tôt dans la journée, la porte-parole de la Ville était toutefois beaucoup plus catégorique sur les motifs justifiant la décision de modifier le règlement sur les nuisances pour interdire spécifiquement «l’inhumation d’un animal domestique» sur un terrain privé.

Une question de salubrité

«Il y a d’autres villes qui l’ont interdit carrément et on a décidé de prendre cette avenue. C’est une question de salubrité pour le voisinage. On a eu des plaintes pour des questions d’hygiène. Ce n’est pas tout le monde qui creuse très profond pour enterrer leur chien ou leur chat. Les terrains sont petits et ce n’est pas toujours fait comme il faut», avait exposé Mme Lemay.

La Ville disait alors s’inspirer de règlements qui existent déjà ailleurs, notamment dans les arrondissements LaSalle et Verdun à Montréal. À Québec, le règlement n’est pas aussi clair. Celui sur les nuisances précise que la présence d’animaux morts «sur un terrain ou à l’extérieur d’un bâtiment» constitue une nuisance, mais il est imprécis et ne proscrit pas l’inhumation, ouvrant ainsi la porte à la contestation d’une amende dans un tel cas.

Selon la Société protectrice des animaux et divers vétérinaires consultés, la grande majorité des propriétaires d’animaux de compagnie choisissent l’incinération pour disposer d’une dépouille.

Où vont les dépouilles ?

  • Les cadavres de chats et de chiens sont généralement incinérés, mais ils aboutissent aussi parfois dans les sites d’enfouissement.
  • Certains propriétaires enterrent leur animal de compagnie dans un cimetière animalier prévu à cette fin.
  • L’inhumation à domicile est «l’exception» à la règle, selon Anne Fortin, propriétaire du groupe vétérinaire Daubigny, qui le déconseille vivement à ses clients. «La plupart des gens qui ramènent le corps, souvent, ils ont un chalet ou ils ont un lot à bois. On leur dit qu’il faut absolument creuser un trou d’au moins 4 pieds et mettre la dépouille dans un contenant hermétique pour éviter que d’autres animaux les déterrent.»