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Johnson s'en prend aux opposants du libre-échange

Pierre Marc Johnson
PHOTO AGENCE QMI, MAXIME DELAND Pierre Marc Johnson

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MUNICH – Les groupes européens qui s’opposent à l’accord de libre-échange avec le Canada ne valent pas mieux que les promoteurs de la cigarette ou les climatosceptiques, estime le négociateur pour le Québec Pierre Marc Jonhson.

«Le débat ici a été marqué par une absence d’information, des demi-vérités et dans certains cas, carrément des mensonges chez les opposants», a affirmé l’ancien premier ministre lors d’une mêlée de presse à Munich, où il rencontrait des hommes d’affaires allemands en compagnie de Philippe Couillard.

En Allemagne, la formation d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a fait des gains politiques en faisant compagne contre les accords commerciaux. Sans nommer ce parti, M. Jonhson voit dans les «mouvements antimondialistes marginaux» d’Europe des gens qui n’ont «pas lu le texte», qui «utilisent des arguments fallacieux». «Ce n’est pas sans me faire penser à ces gens qui pendant des années on fait des séminaires pour dire que la cigarette n’était pas dommageable».

Il a aussi fait allusion à ceux qui nient que l’humain est responsable des changements climatiques. «On leur donnait une place dans les médias, car ils étaient très vociférateurs, ce qui a laissé croire aux gens que les changements climatiques c’est une affaire 50-50», a-t-il déploré.

À son avis, il n’y a aucun perdant avec le libre-échange. Pas même les petits travailleurs qui perdent leur emploi dans des domaines où d’autres pays sont plus compétitifs. «Qu’en cours de route, que certains secteurs doivent se réadapter, oui c’est vrai. Mais c’est ça le progrès. Ça marche comme ça. À moins qu’on veuille maintenir le statu quo dans tout ce que l’on fait dans la vie pis ma foi, il y a une époque où l’on dansait tout nu autour du feu», a-t-il lancé.

M. Jonhson s’en est aussi pris aux promoteurs du Brexit, qui ont causé un «énorme problème» pour le Royaume-Uni et l’Europe. Il a principalement visé les «deux ténors» Nigel Farage et l’ancien maire de Londres Boris Jonhson, qui ont quitté la vie politique après la victoire de leurs camps. «Certains prétendent même que Boris Jonhson souhaitait que le «Remain» l’emporte plutôt que le Brexit. Devant la situation, il n’a pas le goût d’aller s’occuper de cet énorme problème que ça va causer au Royaume-Uni», a-t-il lancé.

Il ne croit pas toutefois que ce tremblement de terre politique en sol européen va retarder l’adoption de l’Accord économique et commercial global (AECG), qui devrait être signé cet été et qui pourrait être appliqué provisoirement si le conseil des ministres européens, qui réunit les ministres du Commerce extérieur des pays membres, prend cette décision.