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(CARTE) Vivez-vous dans un îlot de chaleur?

(CARTE) Vivez-vous dans un îlot de chaleur?
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc

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Quand Environnement Canada prévoit un mercure à 31°C, comme ce mercredi, il est fort possible qu’en ville, la température grimpe de plusieurs degrés supplémentaires en raison des îlots de chaleur, un phénomène maintenant bien documenté et surtout, cartographié.

Des satellites ont enregistré les variations de température dans nos villes et l’an dernier, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a rendu publiques ces données colligées par le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO). On peut donc voir précisément sur une carte géographique où se trouvent ces fournaises urbaines.

Les îlots de chaleur se forment quand «les matériaux sombres comme béton et asphalte absorbent les rayons du Soleil et émettent de la chaleur. Quand on combine cette chaleur avec celle du Soleil, ça crée des îlots de chaleur», explique Philippe Bournival, spécialiste en télédétection et en sylviculture au CERFO.

«Ça touche beaucoup les quartiers centraux des villes, les quartiers plus denses, où il y a moins d’espaces verts, des toits plats en goudron ou foncés», ajoute le Dr Pierre Gosselin, à l’INSPQ. Malheureusement, ce sont aussi ces quartiers qui, souvent, sont les plus pauvres. En plus, dans ces quartiers, l’océan de bitume favorise l’écoulement rapide des eaux qui pourraient pourtant absorber un peu de chaleur.

L’effet est plus important à mesure que l’on s’approche de la surface absorbante (l’asphalte par exemple). Le pire est entre 13 h et 15 h. La seule chose à faire dans l’immédiat pour les citadins suffoquant est de fuir dans les parcs qui forment, autre contraire, des îlots de fraîcheur.

Les points les plus chauds à Québec

Les points les plus chauds à Québec? Les quartiers industriel près de la baie de Beauport (rue du Ressac) et le quartier industriel et commercial au carrefour des autoroutes Laurentienne et Félix-Leclerc (Capitale), près des magasins Sail et Costco. Mais de façon plus globale, le Vieux-Port, Saint-Roch et Limoilou sont les quartiers habités les plus accablés par les îlots de chaleur.

(CARTE) Vivez-vous dans un îlot de chaleur?
Carte gouvernement du Québec, CERFO-INSPQ

L’écart peut aller jusqu’à 13 °C si l’on compare les températures dans les îlots de chaleur avec celles d’Environnement Canada, mesurées dans un abri Stephenson (une cage en bois), à l’ombre, à deux mètres du sol. Et cela, c’est sans tenir compte du facteur humidex.

Après quelques jours dans un îlot de chaleur, il peut faire plus de 40 °C au troisième étage d’un triplex classique du centre-ville. «C’est un très gros risque pour la santé», s’inquiète le Dr Gosselin.

La solution est simple: il faut «verdir la ville le plus possible», indique M. Bournival. Mais malheureusement, «on ne va pas dans le bon sens au Québec», déplore le Dr Gosselin. «Chaque fois qu’on fait un nouveau développement immobilier, la tendance lourde est encore de couper tous les arbres et de tout minéraliser».

Il note cependant quelques pas dans la bonne direction. Par exemple, Montréal favorise de plus en plus les toits blancs. Québec projette de construire plus d’espaces verts dans les quartiers centraux. Trois-Rivières exige de garder 30 % de vert dans les nouveaux quartiers.

Mais il faudra accélérer la cadence. «Les vagues de chaleur s’accentuent, il y en a maintenant tous les ans et elles durent plus longtemps. Le nombre de jours pourrait doubler d’ici 10 ou 15 ans», prévient le Dr Gosselin. «Y’a vraiment un changement de mentalité à opérer.»