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Incursion dans l’univers steampunk

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La romancière Corinne de Vailly, auteure d’un grand nombre de romans pour les jeunes lecteurs, s’est passionnée pour le genre littéraire steampunk, parfaitement adapté à son imaginaire débordant et à sa plume rythmée, très maîtrisée. Pour les adultes, elle a créé Les notes de sang et La peau du mal, deux romans qui permettent de s’initier au genre.

Corinne de Vailly explique que le genre steampunk, bien implanté chez les Américains et les Français, débute au Québec. «Si on décompose le mot, on a steam — vapeur — et punk. Pourquoi punk? En 1980, un auteur américain, Jeter, a créé ce style et a choisi punk juste pour rigoler, parce que le mouvement punk était dans l’air.»

Pour comprendre ce genre littéraire nouveau et fort original, il faut se rappeler qu’au XIXe siècle, tout fonctionnait à la vapeur. Le postulat, explique Corinne, est le suivant: qu’est-ce qui serait arrivé si on n’avait pas inventé l’électricité et que tout fonctionnait à la vapeur?

«À la limite, tu aurais des avions à vapeur, des ordinateurs à vapeur... tous les objets de la vie courante actuelle seraient à vapeur. C’est pour ça qu’on retrouve beaucoup de roues, d’engrenages, de vis sans fin dans toute l’esthétique steampunk, autant dans les bijoux et les vêtements que les couvertures de livres. C’est la marque.»

Dans les petits détails

Sur le plan littéraire, K. W. Jeter a écrit Machines infernales, puis d’autres auteurs américains ont adopté le genre. «Je pense qu’on est deux, actuellement, au Québec. Mel Gosselin en fait dans la littérature jeunesse et moi, dans l’adulte», précise Corinne.

«Quand tu lis un livre steampunk, tu as l’impression de lire quelque chose d’historique, mais, à un moment donné, tu te dis: ça ne se peut pas. Et c’est là qu’arrive le petit côté steampunk: dans les petits détails.»

Dans Les notes de sang et La peau du mal, Corinne a raconté ses histoires en ajoutant justement des bizarreries, comme des pigeons mécaniques qui livrent le courrier. «Je n’y suis pas allée à fond la caisse, mais par petites doses, pour habituer les gens au genre. J’adore ça, mais, contrairement à ce qu’on peut penser, c’est très difficile à écrire!» ajoute la romancière, qui est pourtant reconnue pour l’excellence de ses romans, qui comptent de nombreuses références historiques.

Nouvelle insolite

«La contrainte, c’était de ne pas me laisser embarquer par le côté historique et d’essayer de placer des invraisemblances. Dans Les notes de sang, la légende tzigane qui parlait d’un violon est assez hallucinante, et ça m’a donné un bon fil conducteur pour le livre.»

Dans le deuxième tome, La peau du mal, elle s’est inspirée d’une nouvelle insolite parlant de la découverte d’un livre recouvert de peau humaine. «C’est historique et, en même temps, très étrange.»

» Corinne de Vailly a écrit les séries Mélusine et Philémon (sous option pour adaptation cinématographique par Starlight Pictures), Celtina, et Emrys.