/news/politics
Navigation

Le français doit «redevenir» la langue officielle du Québec, dit Martine Ouellet

Martine Ouellet
Photo d'archives Martine Ouellet

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC – Martine Ouellet s’engage à prendre tous les moyens nécessaires pour faire du français la seule langue officielle du Québec si elle est un jour élue première ministre.

 

La candidate à la direction du Parti québécois (PQ) a soutenu mardi que l’invalidation de plusieurs dispositions de la Loi 101 par la Cour suprême du Canada avait entraîné la «bilinguisation» du Québec.

«La Loi 101 a été charcutée et aujourd’hui, du côté de la législation et de la justice, on se retrouve avec un État qui est bilingue. L’anglais et le français sont sur le même pied d’égalité et ça, ça n’a pas de bon sens», a dénoncé Mme Ouellet en entrevue avec l’Agence QMI.

L’aspirante-chef soutient qu’il faut s’inspirer des principes mis de l’avant par les pères de la Charte de la langue française, Camille Laurin et René Lévesque, voulant que la justice doive être rendue dans la langue de Molière et que seuls les lois et règlements rédigés en français aient force de loi.

Selon elle, «c’est juste normal», a appuyé la députée de Vachon.

«Le fait qu’on ait une législation et une justice bilingues, c’est ça qui est anormal alors que le français, c’est la langue officielle du Québec. Un moment donné, ça l’est ou ça ne l’est pas et il ne faut pas que ça soit juste inscrit dans une loi, il faut qu’en pratique ça soit le cas également», a insisté la candidate.

La députée de Vachon veut également s’inspirer des consensus dégagés par la table de concertation des Partenaires pour un Québec français en étendant les exigences de la Loi 101 liée à la francisation en milieu de travail aux entreprises qui relèvent du Code canadien du travail ainsi qu’à celles comptant entre 25 et 49 employés.

Clause dérogatoire

Dans l’éventualité où la Cour suprême tenterait à nouveau d’invalider ces dispositions, Martine Ouellet affirme qu’elle n’hésitera pas à recourir à la clause dérogatoire de la constitution, qui permet à une province d’adopter une loi dérogeant à certains articles de la Charte canadienne des droits et libertés.

«Ça ne me gênera pas d’utiliser la clause nonobstant concernant une constitution qui n’a jamais été signée par aucun premier ministre du Québec», a-t-elle prévenu.

Ouellet écorche Couillard

Martine Ouellet a par ailleurs décoché une flèche à l’égard du gouvernement libéral de Philippe Couillard, qui fait preuve selon elle d’une «grande indifférence qui frôle le mépris» à l’égard du français.

L’aspirante-chef a notamment rappelé que M. Couillard avait prononcé un discours uniquement en anglais lors d’une visite en Islande, à l’automne 2014, et que plus tôt ce mois-ci, il avait rédigé un message en anglais dans un livre d’honneur lors d’une visite en Allemagne.

«Au Québec, ça se passe en français. La langue officielle du Québec, c’est le français. Le Québec n’est pas un État bilingue, il est un État francophone et je ne comprends pas que le premier ministre ne donne pas l’exemple en adoptant l’attitude qu’il se doit à l’égard du français», a dit Mme Ouellet.