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Encore des appels d’offres truqués à la SAQ

Le prix de vente minimum des bouteilles est fixé d’avance en magasin

Les appels d’offres avec un prix de vente plancher ne permettent pas à la Société des alcools du Québec d’obtenir les meilleurs prix auprès des producteurs.
Photo Jean-François Desgagnés Les appels d’offres avec un prix de vente plancher ne permettent pas à la Société des alcools du Québec d’obtenir les meilleurs prix auprès des producteurs.

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Fustigée récemment par la vérifi­catrice générale pour cette prati­que, la Société des alcools du Québec (SAQ) continue de lancer des appels d’offres avec un prix de vente plancher fixé d’avance dans les succursales, a constaté Le Journal.

La société d’État vient de publier un appel d’offres ciblé pour deux vins rosés mousseux (qui seront mis en vente l’été prochain) auprès de producteurs (déjà présents à la SAQ) de trois pays seulement, soit l’Espagne, la Hongrie et l’Italie.

Or, l’appel d’offres fixe clairement d’avance un prix plancher par bouteille de 750 ml et un prix plafond en magasin (entre 11,95 $ et 17,95 $) une fois les frais de majoration et les taxes ajoutés.

Cette pratique ne permet donc pas à la SAQ d’obtenir les meilleurs prix auprès des producteurs.

Ces derniers, qui voudraient offrir des vins à des prix plus bas, se voient du coup écartés du marché québécois. Pour participer à ce type d’appel d’offres, les producteurs qui ont un vin moins cher à offrir doivent ainsi se conformer aux exigences de la SAQ et augmenter leurs prix.

Ils n’ont «rien compris»

«On constate que les dirigeants de la SAQ n’ont rien compris et qu’ils ne veulent pas payer les vins le moins cher possible. La SAQ coince ses fournisseurs dans de strictes catégories de prix», déplore l’éditeur du site VinQuébec.com et chroniqueur Marc-André Gagnon.

Le mois dernier, la vérificatrice générale du Québec dénonçait cette pratique du monopole d’État.

«La SAQ n’en fait pas assez pour obtenir les meilleurs prix possible lors­qu’elle effectue des achats», soulignait la vérificatrice Guylaine Leclerc.

Promesse de la SAQ

Le président de la société d’État, Alain Brunet, avait alors promis de changer les pratiques de la SAQ.

«On peut faire mieux», avait-il laissé entendre en disant vouloir réviser la structure de prix du monopole.

Une étude indépendante publiée récemment par trois auteurs (Frédéric Laurin, Yves Mailloux et Paul Daniel Muller) indiquait que plus les prix du gros sont élevés, plus la SAQ gagne d’argent.

Les auteurs estimaient les gains potentiels annuels à une somme allant de 50 à 150 millions $ pour les consommateurs.

Comment la SAQ fixe ses prix

5,38 $ : Prix du fournisseur (incluant le transport, la commission de l’agent et les frais de promotion)

+

7,36 $ : Majoration de la SAQ (136,8 %)
 
+
 
3,66 $ : Taxes 
  • Spécifique du Québec : 1,05 $
  • Taxe fédérale, accise et douane : 1,19 $
  • Taxe provinciale Québec 1,42 $
Bouteille vendue  16,40 $
 
Source : rapport annuel de la SAQ, 2015-2016