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Se sentir acceptée dans la famille jazz

ART-FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL
Photo d'archives

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Le premier festival qui a donné une chance à France D’Amour pour présenter un spectacle jazz est le Festival Jazz etcetera Lévis, en 2011. Ce n’était que le début d’une belle histoire avec ce style musical, qui l’a menée beaucoup plus loin que prévu.

La chanteuse sera d’ailleurs de retour au festival, le 11 août prochain, à l’occasion du 10e anniversaire. Elle se souvient la première fois qu’elle s’y est produite, après des années de succès rock. «Là je me sentais imposteur, lance-t-elle. Ça me fait chaud au cœur qu’ils me réinvitent.»

France D’Amour a maintenant deux albums jazz à son actif, Bubble Bath & Champagne 1 et 2. De plus, elle a participé pour la toute première fois au Festival international de jazz de Montréal en juin dernier, une façon pour elle de confirmer qu’elle fait maintenant partie de la grande famille.

«Tant que je n’avais pas fait le show, je ne me sentais pas dans la gang, a-t-elle expliqué. J’avais des preuves à faire et j’avais l’impression de recommencer à zéro. J’ai plus de 40 chansons rock qui ont joué à la radio. Là, je m’en allais faire un show pas de hits, juste des chansons jazz pas connues. Mais la musique a parlé et les gens ont senti une sincérité et une authenticité. (...) Ç’a tellement bien été, qu’ils m’ont réinvitée pour l’année prochaine.»

Même si elle est diplômée en guitare jazz, France D’Amour a attendu avant d’y consacrer une partie de sa carrière. «Ça prend une expérience pour faire du jazz ou du blues. Sinon, ça devient une musique académique, trop cérébrale. Mais quand tu mets vraiment de l’émotion et que tu es connectée avec le public, tu peux léviter à haute altitude», justifie-t-elle.

Métissage

En 2016, «le jazz est toujours vivant», selon France D’Amour, mais il y a encore un travail de démocratisation à faire pour que les gens laissent tomber les préjugés d’une musique élitiste. «Oui, il y a des musiques plus spécifiques, pour les musiciens. Mais moi, le jazz que je fais, ce n’est pas ça», insiste-t-elle.

La chanteuse affirme qu’aujourd’hui, le jazz «est plus pop, plus accessible», et se réjouit de voir une jeune génération d’artistes l’intégrer à leur musique.

«Il y a une belle gang de jeunes artistes qui arrivent avec ça, qui veulent dépasser les limites de la pop, qui sont tannés d’une musique trop prévisible, dit-elle. Même sur le dernier album de Justin Bieber, on attend un emprunt au jazz dans la soul, le R’n’B. C’est un métissage. Je pense même qu’il faudrait rebaptiser le jazz, car il se mêle à tellement de choses aujourd’hui.»

Pas de volet 3... Pour l’instant

Pour l’instant, France D’Amour ne prévoit pas faire un Bubble Bath & Champagne volume 3.

«Ce n’est pas dans mes plans, comme le deuxième ne l’était pas. Si les gens en redemandent, si c’est vraiment un succès, ça se peut. Mais pour l’instant ce ne l’est pas. J’aime la liberté que je me donne quand je fais ces albums-là. J’adore la réaction des gens.»

► Le Festival Jazz etcetera Lévis aura lieu du 11 au 14 août prochain. France D’Amour sera en spectacle le 11 août à L’Anglicane.