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Le troc, un phénomène qui prend de l’ampleur

Partant d’une barre de chocolat, Rémi Jourdain a réussi à obtenir une tente-roulotte grâce au troc.
Photo Jean-François Desgagnés Partant d’une barre de chocolat, Rémi Jourdain a réussi à obtenir une tente-roulotte grâce au troc.

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Le troc, cette série d’échanges entre personnes pour obtenir d’autres objets, prend de plus en plus d’ampleur au Québec. C’est ce qui a permis à un résident de Québec de partir d’une barre de chocolat et terminer avec une tente-roulotte.

Il y a dix ans, l’histoire de Kyle MacDonald avait fait grand bruit lorsque l’homme de la Colombie-Britannique s’était lancé dans une aventure de troc. En partant d’un trombone rouge, Macdonald avait terminé sa série d’échanges avec un chalet en Saskatchewan.

S’inspirant de cette aventure, Rémi Jourdain, fondateur du groupe Facebook Troc-moi ça, a voulu recréer l’expérience.

«Cette histoire-là m’avait fasciné. J’ai voulu faire un peu pareil avec les gens de mon entourage et en partant d’un trombone rouge, je me suis ramassé avec un lecteur DVD.»

Avec la vitesse des échanges et l’enthousiasme de son entourage, Rémi Jourdain s’est rendu compte de l’ampleur du phénomène. Il s’est alors lancé dans une autre série d’échanges. Partant d’une barre de chocolat, il a tenté d’acquérir un chalet.

«Je voulais me ramasser un chalet, mais quand j’ai acquis une tente-roulotte, je me suis dit que c’était près de ce que je voulais pour aller faire du camping avec mes trois enfants.»

Il s’est rendu compte que, s’il voulait progresser et faire d’autres échanges, il devait élargir son réseau. Aujourd’hui, son groupe Facebook compte plus de 67 000 membres.

Un jeu stratégique

«Il n’y a rien que je ne peux pas avoir avec le troc, mais en même temps, on doit faire attention parce qu’on ne peut pas dire que c’est facile et il faut de la stratégie. Il faut tout le temps que tu penses à ton prochain échange», s’exclame-t-il.

Rémi Jourdain souligne que certains objets ont plus de valeur que d’autres. Par exemple, un article électronique vaut toujours plus qu’un objet courant.

«C’est sûr que ça ne marche pas pour tout le monde, met-il en garde. Il faut être patient.[...] Il y a toujours quelqu’un quelque part qui a besoin de ce que j’ai ou il va y avoir une personne qui a ce que je veux.»

Un phénomène d’entraide

Il souligne aussi que le phénomène du troc fait souvent place à l’entraide entre individus. Lui même dit avoir accepté à plusieurs reprises de faire des échanges pour venir en aide à des amis. Il suggère aussi de se détacher de la valeur des objets.

«La valeur des objets est la valeur des besoins d’une personne», explique-t-il.

Parmi les objets les plus gros jamais échangés sur son groupe, Rémi Jourdain se souvient d’avoir vu un homme troquer un camp de chasse dans la forêt contre une BMW. Les deux objets étaient de valeur équivalente, soit 25 000 $, affirme-t-il.