/news/society
Navigation

Une course de 4000 km entre la Turquie et la Belgique

Une épreuve physique et mentale hors du commun pour un cycliste de Québec

Geoffroy Dussault a réalisé un exploit en terminant dans le top 10 de la course Transcontinentale Europe.
Photo didier debusschère Geoffroy Dussault a réalisé un exploit en terminant dans le top 10 de la course Transcontinentale Europe.

Coup d'oeil sur cet article

Malgré des ennuis mécaniques en fin de parcours, le cycliste Geoffroy Dussault a surmonté les obstacles pour prendre le 8e rang sur les 219 participants de la Transcontinentale Europe, une course folle de 4000 km entre la Belgique et la Turquie.

Parti au pied du célèbre «mur de Grammont» le 29 juillet dernier, l’athlète d’endurance s’est rapproché du podium après plus de 3500 km, mais un pneu endommagé et des crevaisons à répétition ont bousillé ses chances.

À sa première expérience, l’ingénieur de 30 ans a réussi l’exploit d’atteindre l’horloge de Canakkale, en Turquie, en seulement 10 jours, 19 heures et 30 minutes.

«En Macédoine, j’ai commencé à avoir des problèmes. Je pensais que la réparation allait tenir. En Grèce, j’ai rattrapé le quatrième et je voulais me rendre à la ligne, mais le pneu a lâché. Je devenais agressif et mon moral était détruit. J’ai fini avec un bout de strap trouvé dans les déchets routiers et les 30 derniers kilomètres sur le flat!» explique Dussault, surnommé l’ours par ses proches.

Physique et psychologique

De jour comme de nuit, la Transcontinentale se déroule sans aucun soutien. L’horloge ne s’arrête jamais et les athlètes peuvent choisir de dormir ou pas.

Contrairement à plusieurs autres, Dussault a pris de longues périodes de repos, mais en pédalant beaucoup plus vite sur la route. Vainqueur pour la troisième fois en quatre éditions, le Belge Kristof Allegaert a mis 8 jours, 15 heures et 2 minutes pour parcourir le monstrueux parcours. Les statistiques montrent qu’il n’a dormi que 12 heures au total.

Au Québec, une foule de supporteurs ont suivi l’itinéraire par la géolocalisation en ligne. Le cycliste du quartier Limoilou sait qu’il a roulé sur des chemins qu’il ne reverra jamais

«J’étais comme une F1 dans une course de karting. Le plus dur est de ne pas pouvoir arrêter pour goûter ce que tu vois. Je voyais du miel et des melons au Monténégro et tu ne peux pas en profiter. Il y a aussi des chemins que je ne veux pas revoir!»

Craintes pour sa sécurité

Au Kosovo, il raconte avoir dû chasser la peur qui l’envahissait.

«J’avais un col à descendre avec rien que des virages dans le noir total. Il tombait des cordes et il faisait 15 °C. J’ai paniqué.»

Geoffroy Dussault ignore s’il sera présent pour l’édition 2017. «Je pensais que j’étais prêt, mais tu ne peux pas comprendre ce que ça représente avant de le faire. J’ai eu vraiment mal et en même temps, je veux gagner.»