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Daoust a été payé six mois à ne rien faire selon la CAQ

En 2013, il a touché son plein salaire après avoir été dégommé comme président-directeur général d’Investissement Québec

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Photo Simon Clark L’ex-ministre Jacques Daoust a quitté la vie politique il y a quelques jours dans la foulée de la saga RONA.

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La Coalition avenir Québec (CAQ) s’interroge sur le sens du devoir du ministre démissionnaire Jacques Daoust, qui a préféré rester chez lui en touchant son plein salaire plutôt que de travailler alors qu’il était toujours employé par Investissement Québec (IQ) en 2013.

Dégommé de son poste de PDG de la société d’État par le gouvernement Marois en juin 2013, Jacques Daoust a continué d’empocher son salaire durant les six mois suivants à titre de conseiller du nouveau patron, Mario Albert. À cette époque, il gagnait 380 000 $ par an.

Mais, durant toute cette période, les deux hommes n’ont eu que «deux ou trois» conversations, a-t-on appris jeudi de la bouche de Mario Albert, durant la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la vente des actions de RONA.

«M. Daoust n’était pas dans la bâtisse d’IQ», a-t-il précisé.

La cohabitation était «difficile», a convenu M. Albert, qui n’a jamais discuté du cas de RONA avec son prédécesseur.

« Il a boudé chez lui »

Pour le député caquiste François Bonnardel, c’est révélateur. «M. Daoust a boudé chez lui pendant six mois. Ce n’est pas surprenant dans les hautes sphères des sociétés d’État ce jeu de chaise musicale, mais de là à être six mois chez soi et de ne pas agir comme il se doit pour passer le flambeau, c’est un peu malsain, surtout pour un gars qui voulait devenir député et ministre», dit-il.

Le député de Granby n’épargne pas le gouvernement péquiste de l’époque, qui a accepté de payer deux salaires faramineux pour limoger un libéral.

«Ça fait cher payé pour un fantôme qui vient deux-trois fois au siège social d’IQ!»

François Bonnardel offre à Jacques Daoust «la chance de rétablir sa crédibilité» en venant témoigner devant les députés.

La CAQ et le Parti québécois (PQ) veulent entendre l’ex-ministre Daoust, mais également l’actuel chef de cabinet du premier ministre Jean-Louis Dufresne sur la vente des actions de RONA. Toutefois, la majorité libérale s’y oppose.

« Camoufler le mensonge »

Pour le député Bonnardel, le témoignage jeudi de l’ex-directeur de cabinet Pierre Ouellet démontre que Philippe Couillard et son entourage ont «camouflé» le mensonge de Jacques Daoust pendant des mois.

Même constat pour le péquiste Alain Therrien. «Que savait Philippe Couillard?»

Jacques Daoust a été contredit jeudi par son ex-chef de cabinet. Selon Pierre Ouellet, l’ex-ministre avait été informé de l’intention d’Investissement Québec de liquider le bloc de 11 millions d’actions de RONA.

L’opposition réagit

« Je lui donne une chance de rétablir sa crédibilité, qu'il vienne témoigner et qu'on comprenne pourquoi il a pris cette décision de ne pas dire la vérité. »

— François Bonnardel, député caquiste

« Nous avons eu la preuve que Jacques Daoust a menti. Toutefois, il y a un problème encore plus grave, et il concerne le premier ministre. Que savait Philippe Couillard ? »

— Alain Therrien, député péquiste