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Abolir les devoirs serait une grave erreur

Devoirs étude
Photo Courtoisie

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Alors que des écoles de Québec ont aboli les devoirs traditionnels, un chercheur tire la sonnette d’alarme: abolir les travaux scolaires à la maison serait une «grave erreur», affirme-t-il. Or, une école qui a pris ce virage il y a plus de cinq ans persiste et signe.

Thierry Karsenti, auteur de l’ouvrage Les devoirs: ce qu’en dit la recherche, stratégies gagnantes et apport des technologies, a analysé plus de 300 études sur le sujet. Ce professeur de l’Université de Montréal a tenu à réagir à un article du Journal qui rapportait cette semaine que des écoles de Québec avaient décidé d’abandonner les devoirs pour se concentrer sur la lecture et les leçons.

Selon M. Karsenti, les travaux scolaires à la maison permettent aux élèves de mieux réussir à l’école. «Il faut déboulonner le mythe qu’au primaire, les devoirs ne servent à rien», dit-il. Au secondaire, selon différentes études, les devoirs seraient même le facteur le plus important de réussite scolaire. Or, il faut s’habituer à faire des devoirs dès le primaire pour ne pas frapper un mur une fois rendu au secondaire, affirme ce chercheur.

M. Karsenti souligne toutefois qu’il faut éviter de surcharger les enfants avec les devoirs. L’important est de prendre l’habitude d’ouvrir ses livres une fois rendus à la maison, précise-t-il.

Les devoirs traditionnels ont été abandonnés dans au moins une dizaine d’écoles de la région de Québec, où il n’y a plus de pages de cahiers d’exercices à noircir. Les élèves doivent tout de même étudier leurs mots de vocabulaire ou leurs tables de multiplication et se mettre le nez dans un livre après les heures de classe.

M. Karsenti estime que cette nuance entre devoirs et leçons n’est pas facile à saisir pour tous. Les exercices dans des cahiers permettent aussi de réviser la conjugaison des verbes ou de nouveaux mots appris en classe, ajoute-t-il.

Une école persiste et signe

Même si le sujet suscite toujours la controverse, l’école de la Passerelle à Asbestos n’a pas l’intention de faire marche arrière. Dans cette école primaire, les devoirs ont été abolis il y a plus de cinq ans pour privilégier la lecture à la maison. L’organisation de la classe a été complètement revue si bien que les profs enseignent et révisent maintenant en classe ce que les élèves devaient auparavant apprendre à la maison. Résultat? Les notes des élèves sont en hausse, indique le directeur Alexandre Néron.

Il n’est donc pas question de revenir en arrière, d’autant plus qu’un récent sondage effectué auprès des élèves de première et deuxième secondaire montre que ceux qui sont passés par l’école de la Passerelle n’ont pas plus de difficultés avec les devoirs que les autres, une fois rendus au secondaire.

«Ce sondage est venu rassurer certains parents qui avaient des inquiétudes concernant le passage au secondaire. Ça vient boucler la boucle, c’est sûr qu’on va continuer dans cette voie-là», lance M. Néron.