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Éthique: le ministre Lessard ébranlé

caucus liberal
Simon Clark/Agence QMI

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Talonné par l’opposition alors que les tuiles s’accumulent, le ministre Laurent Lessard est revenu ébranlé de sa rencontre avec le commissaire à l’éthique, qui enquête en lien avec les projets impliquant son ex-conseiller politique, Yvon Nadeau.

La voix tremblante, le souffle court, le député de Lotbinière-Frontenac s’est arrêté devant la presse parlementaire avant d’entrer au caucus libéral précédant la période des questions à l’Assemblée nationale.

«Vous me permettrez parfois de oui, peut-être, être un peu nerveux, a-t-il avoué. Surtout de cette situation, parce que ce n’est pas à tous les jours qu’on a à défendre son intégrité. Puis après treize ans et demi à l’Assemblée nationale, c’est la première fois que ça m’arrive.»

«Ce (mercredi) matin j’ai rencontré le commissaire à l’éthique. Je lui ai offert ma collaboration», a-t-il raconté.

Rappelons qu'une enquête a été déclenchée à la demande de l'opposition après que notre Bureau parlementaire ait révélé que Laurent Lessard avait réembauché son ex-responsable de bureau de comté, Yvon Nadeau, même s'il savait que l'entreprise qu'il dirige, Pyrobiom Énergies, sollicitait une aide financière de 3 M$ au gouvernement.

La subvention maximale lui a finalement été accordée l'été dernier. Le commissaire au lobbyisme mène aussi sa propre enquête.

Conseiller politique, pdg et gestionnaire de chalets

À cela s’ajoutent les informations dévoilées par l’opposition péquiste, à l’effet que M. Nadeau gérait aussi des chalets appartenant à un promoteur privé au Mont Adstock.

La députée péquiste Agnès Maltais soutient que M. Nadeau a bénéficié d’un avantage indirect, puisque M. Lessard, en 2008, a annoncé une subvention de 1,1 M$ pour rénover le Mont Adstock. Sans subvention, il n’y aurait probablement pas eu de chalets.

M. Nadeau, qui a été président du conseil d'administration du Mont Adstock pendant qu’il était conseiller politique pour M. Lessard, aurait joué un rôle clé dans l’attribution de la subvention à la station de ski et dans la concrétisation du projet de chalets par un promoteur privé.

Questionné à ce sujet, M. Lessard a confirmé qu'il savait que M. Nadeau gérait des affaires en même temps qu'il travaillait à son bureau de comté.

La conjointe de M. Nadeau, Stéphanie Donato, qui a déjà travaillé elle aussi au bureau de comté de M. Lessard, faisait également de la promotion pour la location des chalets sur Facebook. Elle est depuis peu adjointe de direction chez Pyrobiom. M. Lessard est le parrain d’un enfant de M. Nadeau.

Couillard dit ignorer les faits

Après avoir hésité à le faire la veille, Philippe Couillard a finalement réitéré sa confiance envers son nouveau ministre des Transports, même s’il dit ignorer les faits qui lui sont reprochés dans le détail.

«Regardez, vous ne connaissez pas les faits. Je ne les connais pas non plus, a dit le premier ministre. Il y a un commissaire qui travaille là-dessus. J’ai entière confiance en M. Lessard», a-t-il déclaré.

Aux yeux de M. Couillard, M. Lessard demeure «un excellent ministre des Transports».

Déçu des réponses obtenues jusqu’à maintenant, «on est rendus à l'étape où il faut prier M. Lessard de céder sa place à la tête du ministère des Transports», a lancé de son côté le député de Québec solidaire, Amir Khadir.