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Encore 256 postes de pharmaciens vacants dans les hôpitaux du Québec

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Plus de 250 postes de pharmaciens sont vacants dans les hôpitaux, une pénurie qui force l’embauche de main-d’œuvre externe qui coûte de deux à trois fois plus cher au système.

Au total, 256 postes n’étaient pas pourvus au 1er avril dernier, a compilé l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), grâce à une enquête interne dont Le Journal a obtenu une copie en exclusivité.

Pénurie qui perdure

Voilà plusieurs années que la pénurie dans les hôpitaux perdure sans jamais se résorber. Cette année, le taux de postes vacants atteint 18 %, soit à peine 1 % de moins que l’an dernier (19,2 %).

«C’est pas mal le statu quo, note François Paradis, président de l’APES. Ce qui nous inquiète, c’est que non seulement la situation ne s’améliore pas, mais les besoins augmentent. [...] C’est comme si on reculait.»

Montréal arrive en tête des régions où il manque le plus de pharmaciens, avec 85 postes vacants (voir tableau). Or, l’APES note que les pénuries sont à «géométrie très variable», et affectent autant les régions.

Notamment, 36 % des postes sont vacants sur la Côte-Nord, et 33 % en Abitibi-Témiscamingue.

48 $ de l’heure de plus

Afin de pallier la pénurie, des pharmaciens «dépanneurs» sont embauchés temporairement. Or, l’APES estime que ces salariés coûtent trois fois plus cher au système, notamment en raison des frais de déplacements et d’hébergement.

«Quand on n’a pas le choix, il faut payer. Mais ils viennent faire la base, et s’en retournent. Ils ne sont pas investis», dit M. Paradis.

Le ministère de la Santé (MSSS) calcule plutôt que ces embauches coûtent deux fois plus cher (98 $ l’heure, plutôt que 50 $).

En 2015-2016, la main-d’œuvre indépendante a coûté 10,7 M$, soit moins que l’année précédente (13,2 M$).

Parmi les départements les plus durement touchés par la pénurie, la gériatrie et l’urgence arrivent en tête, dit le syndicat. Actuellement, seul un hôpital sur deux compte un pharmacien en poste à l’urgence, selon l’enquête.

«C’est un secteur névralgique, c’est la porte d’entrée et il y a souvent des médicaments mal utilisés au cœur du problème», dit M. Paradis.

Si la pénurie a longtemps été liée au fait que ces postes étaient moins bien rémunérés que dans le secteur privé, l’APES constate que les primes ajoutées par le MSSS ont comblé cet écart.

Postes vacants

Or, cette spécialité est méconnue auprès des étudiants. Cette année, seulement 72 des 85 postes disponibles à la maîtrise pour travailler en milieu hospitalier sont occupés, indique l’APES.

Et pour rattraper la pénurie, l’APES estime qu’il faudrait former une centaine de nouveaux pharmaciens par année. Sans détour, le syndicat croit que la balle est dans le camp du ministère de la Santé pour régler le problème une fois pour toutes.

«Il faut qu’il y ait quelque chose avec une plus grande portée, de structurant, pour qu’on finisse par voir la lumière au bout du tunnel», insiste M. Paradis.

Selon le MSSS, les besoins pour 2016-2017 sont évalués à 84 pharmaciens.