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La fin des années folles de la boxe

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Pendant 20 mois, Al Haymon a garroché des dizaines et des dizaines de millions pour tenter de prendre le contrôle de la boxe professionnelle. On se rappelle de ces mois de folie quand tous les réseaux américains, CBS, NBC, ABC, Fox, ESPN et j’en oublie, présentaient des soirées organisées par ­Premier Boxing Champions (PBC).

Celui qui en a profité le plus au Québec a été Adonis Stevenson. Il est arrivé exactement au moment où la manne s’abattait sur l’Amérique. En quatre ou cinq combats, Adonis a raflé plus de 10 millions de dollars. Et un gars comme Artur Beterbiev a perdu quelques millions à cause d’une malheureuse blessure à l’épaule.

Mais tous les signes que le party est fini ne peuvent mentir. La très grande majorité des combats que PBC devait présenter d’ici à la fin de l’année ont été remis aux ­premiers mois de 2017. S’ils ont lieu.

Même Adonis Stevenson n’est plus certain de se battre en décembre.

500 MILLIONS À FLAMBER

Al Haymon avait un coussin de 500 millions de dollars pour monter un nouvel empire. Il reste encore de l’argent dans les coffres, mais les dépenses folles sont terminées. Fini les 17 camions remorques à Québec pour la télévision de PBC. Fini les deux ou trois millions versés à des champions inconnus pour des combats sans grand intérêt. À l’avenir, il va falloir qu’un boxeur soit capable de vendre des tickets et de générer des revenus à la télévision pour toucher son million.

En fait, le marché qui a été ravagé par le fiasco du combat entre Floyd Mayweather et Manny Pacquiao est en train de se stabiliser. Les années de vaches grasses font place à des années de vaches maigres. Ça va s’ajuster, mais j’espère que les boxeurs qui ont profité des largesses d’Al Haymon ont su économiser quelques sous. L’avenir va être plus difficile.

Quant à Yvon Michel, l’homme de confiance d’Al Haymon au Canada, c’est un promoteur rusé et un meilleur homme d’affaires qu’on le pense. Il n’a pas rompu les ponts avec quiconque dans le milieu de la boxe internationale et s’il doit recommencer à organiser des soirées de boxe en vendant les tickets un par un comme il l’a fait pendant tant d’années, il va trouver le moyen de s’adapter.

Yvon Michel est comme un matou. Il a neuf vies.

Et puis, PBC n’a pas fait faillite et n’a pas fermé ses portes. Parfois, une saine rationalisation dans une entreprise lui permet d’atteindre des objectifs tout aussi ­intéressants.

Et pendant ce temps, Camille Estephan, d’Eye of the Tiger Management, place ses pièces sur l’échiquier.