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Trop d’ex-caquistes au PLQ?

Trop d’ex-caquistes au PLQ?
Photo d'archives

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Y a-t-il trop d’ex-caquistes au PLQ? Sont-ils trop influents?

Ont-ils droit à une ascension politique instantanée dès qu’ils font défection chez les libéraux?

Leur présence marquée au conseil des ministres à des postes névralgiques -  ministre de la Santé, ministre de l’Éducation (ex-adéquiste, dans les faits) et ministre de l’Économie -, contribue-t-elle aussi à faire pencher le gouvernement Couillard encore plus à la droite de l’échiquier idéologique?

Ces questions, combien de membres du gouvernement Couillard se la posent depuis un bail? Possiblement plusieurs...

D’autant plus que le dernier épisode de la longue lignée d’«affaires» embarrassantes pour le gouvernement sur le plan éthique leur arrive également courtoisie de deux transfuges de la CAQ.

Yan Plante et Frederic Shautaud -, deux ex-caquistes embauchés par le gouvernement Couillard -, sont en effet  soupçonnés de vol de documents confidentiels et stratégiques.

Après les avoir défendu initialement, le premier ministre Couillard, sous pression, a dû s’en départir un après l’autre.

Dans le cas de M. Plante, sa propre filière politique remonte même au Parti conservateur, alors qu’il  était chef de cabinet de l’ex-ministre Denis Lebel.

Comme quoi, sous Philippe Couillard, la filiation idéologique avec des partis de droite ou de centre-droite, c’est selon, n’est pas tout à fait imaginaire.

De toute manière, son prédécesseur, Jean Charest, était lui aussi un produit du Parti conservateur. Idem au Parti québécois pour Lucien Bouchard...

Plus intéressant encore dans l'histoire de M. Plante est la provenance de la gronde qui, au caucus libéral, aurait monté rapidement cette semaine. Soit plus précisément après que le premier ministre ait défendu la réputation de Yan Plante.

Le Journal nous apprenait hier que «le député Robert Poëti s’est dit «préoccupé». «Personne ne peut accepter le vol de document, c’est clair», a-t-il lancé.»

Ce matin, La Presse rapporte à son tour qu’en effet, «intervenant pour plusieurs de ses collègues hier, l'ex-ministre Robert Poëti a sans hésiter réclamé la tête du collaborateur de M. Couillard (Yan Plante). Le député de Marguerite-Bourgeoys a rappelé qu'on l'avait chargé de la rédaction du code d'éthique du PLQ quand il était arrivé en politique. Et le geste de Yan Plante « ne cadre pas avec ce code d'éthique », a-t-il laissé tomber selon des témoins, qui se sont confiés sous le couvert de l'anonymat.»

Limogé du conseil des ministres en janvier dernier par Philippe Couillard alors qu’il s’apprêtait justement à entreprendre un ménage sérieux au ministère des Transports, Robert Poëti, c’est connu, songerait dorénavant, et avec raison, à se lancer en politique municipale.

S’il est évident que, publiquement, M. Poëti joue néanmoins les bons soldats, derrière les portes closes du caucus, sa statut informel de probable futur ex-député libéral lui donne cependant une rare liberté d’exprimer non seulement ses propres insatisfactions, mais aussi celles de ses collègues. Lesquels, pour des raisons évidentes, ont moins le loisir de le faire.

En réclamant la tête de Yan Plante, M. Poëti a provoqué une prise de décision qui, pourtant et dès le début, aurait dû venir du premier ministre lui-même. Soit de congédier M. Plante.

D'autant plus que pour des libéraux de plus longue date, la présence influente d’ex-caquistes au gouvernement commence à déranger.

Après tout, à force de recruter des transfuges caquistes et de leur offrir des postes majeurs dès leur atterrissage au PLQ, le message envoyé aux libéraux qui, eux, attendent leur tour, n’est pas très bon pour, disons, l’esprit de famille.

Comme quoi, il arrive de ces moments en politique où l’accueil de plusieurs transfuges de la même provenance - normalement un signe de pouvoir qui ne ment pas -, peut aussi se retourner contre le bureau du premier ministre.

Du moins, s’il ne sait pas doser les promotions des «anciens» et celles des transfuges.

Encore plus, s’il pardonne initialement à certains transfuges des manquements éthiques allégués majeurs. Et que, ce faisant, ils plongent le gouvernement dans l’embarras...

Bref, quand le réflexe éthique manque au sommet du pouvoir au lieu d’y être une force, comme je l’écrivais ce matin en chronique, le problème politique n’en est que décuplé.
 

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